Gilets jaunes: 28.000 manifestants en France, dont 4.700 à Paris (photos et vidéos)

Gilets jaunes: 28.000 manifestants en France, dont 4.700 à Paris (photos et vidéos)
AFP

A Paris, Bordeaux ou Lyon, les manifestations avaient lieu partout en France ce samedi, certaines parfois musclées. Pour les manifestants retraités ou employés « gilets jaunes » estiment ne pas avoir « été entendus » depuis un an et croient à la poursuite de la mobilisation, selon les témoignages de neuf manifestants interrogés par l’AFP dans les cortèges marquant le premier anniversaire du mouvement.

D’après le ministre de l’Intérieur français Christophe Castaner, en tout, 28.000 personnes ont manifesté ce 16 novembre en France, dont 4.700 à Paris.

La dernière participation équivalente dans toute la France lors d’un samedi de manifestations des «gilets jaunes» remonte au 9 mars, avec 28.600 personnes, selon l’Intérieur. Ces chiffres sont régulièrement contestés par le mouvement, qui a estimé la participation de samedi à 39.530 personnes en France, selon le décompte du «Nombre jaune».

Paris

Des flambées de violence à Paris et un retour sur les ronds-points de France : le premier anniversaire des « gilets jaunes », qui ambitionnaient de donner un second souffle à leur mouvement de contestation sociale, a été marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de la capitale. En tout, la préfecture de police de la capitale française a indiqué en début de soirée avoir interpellé 147 personnes durant la journée.

Durant deux heures en début d’après-midi, la situation est restée confuse Place d’Italie, sur la rive gauche de la Seine, où les forces de l’ordre ont tenté un moment en vain de disperser de petits groupes de casseurs, alternant charges brèves et déluge de lacrymogènes.

« Au vu des violences et des exactions », la préfecture de police a demandé l’annulation de la manifestation qui devait s’élancer de cette place à partir de 14h.

Voitures renversées, engin de chantier et poubelles incendiées, abribus saccagés : en une demi-heure, les assauts sporadiques de petits groupes se sont transformés en flambée de violences, ont constaté des journalistes de l’AFP, qui ont vu des manifestants blessés -dont un journaliste indépendant –, et des pompiers empêchés d’intervenir. Au centre de la place, un monument en mémoire du maréchal Juin a été en partie dégradé.

>Gilets jaunes: la situation dégénère à Paris (photos)

La manifestation Place d’Italie « rassemblait des individus qui ne défendaient pas une cause, mais procédaient à des destructions » et « à des attaques systématiques contre les forces de sécurité et contre les pompiers », a déclaré le préfet de police Didier Lallement lors d’une conférence de presse.

Le centre commercial d’Italie 2, sur la place, avait fermé dès les premiers incidents. Vers 13h, ses portes d’entrée et les vitrines d’une résidence hôtelière voisine ont été attaquées à coup de pavés par plusieurs dizaines de personnes cagoulées et vêtues de noir.

Bordeaux

A Bordeaux où les Gilets jaunes étaient 1.800 à défiler selon la préfecture, un regain de mobilisation par rapport aux derniers mois mais bien loin du pic de cet hiver.

Sous la surveillance constante d’un hélicoptère, le cortège a fait sous une pluie fine et froide un tour de la ville, dont les accès au centre avaient été bloqués par les forces de l’ordre, à nouveau visibles en nombre, suscitant des slogans hostiles.

Des heurts ont éclaté à mi-parcours quand des groupes d’individus, dont certains masqués et encapuchonnés, ont tenté de forcer ces barrages pour rejoindre la place Pey-Berland, théâtre de violences répétées lors des premières semaines de mobilisations l’an dernier.

Des groupes de personnes voulant en découdre ont continué jusqu’à la tombée de la nuit à jouer au chat et à la souris avec les policiers et gendarmes, entre la Garonne et le quartier populaire de la Victoire, alors que le cortège déclaré partait assister à un « concert anniversaire » à l’extérieur du centre-ville.

Huit personnes ont été interpellées, deux pour outrages et six pour jets de projectiles, selon la préfecture qui signale « très peu de dégradations ».

Bordeaux, l’un des bastions du mouvement, avait vu défiler jusqu’à 6.000 protestaires au pic de la mobilisation à la mi-janvier. Depuis cet été, il n’était que quelques centaines d’irréductibles à se rassembler le samedi.

Toulouse

A Toulouse pour le premier anniversaire du mouvement des centaines de manifestants ont été dispersés à de nombreuses reprises à grands coups de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre, qui ont interpellé 17 personnes.

Dans cette place forte du mouvement depuis un an, les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes et fait usage du canon à eau contre les manifestants seulement 20 minutes après le départ, à 14h, du défilé, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Les « gilets jaunes » ont alors fait demi-tour sur un boulevard du centre-ville. Les forces de l’ordre ont de nouveau tiré des gaz lacrymogènes, dispersant le défilé en plusieurs petits groupes.

Les dispersions se sont poursuivies pendant plus de deux heures. En fin d’après-midi, seulement quelques dizaines de manifestants restaient sur les boulevards.

L’accès à la place du Capitole avait été interdit par la préfecture.

Selon un bilan de la préfecture à 17h30, 17 personnes ont été interpellées « pour jets de projectiles, port d’arme par destination (marteau), rébellion, outrage, port illégal d’insigne de presse et dissimulation de visage ». Trois blessés légers ont été recensés par les services de l’Etat dont 2 parmi les forces de l’ordre.

La préfecture fait également état de dégradations de caméras et d’une barrière de péage, des feux de poubelles et barricades.

Lyon

Un millier de manifestants se sont également rassemblés samedi après-midi en plein coeur de Lyon dans une ambiance qui s’est tendue avec des tirs de lacrymogène.

Malgré l’interdiction de manifester dans le centre-ville, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées dès 13h place Bellecour, la plupart ne revêtant pas le gilet jaune.

Selon la préfecture, les forces de l’ordre ont souhaité disperser des manifestants qui lançaient des projectiles sur eux. A 17h, aucune interpellation n’avait eu lieu, selon la même source.

Grenoble

A Grenoble, la manifestation unitaire contre la politique du président Macron qui réunissait « gilets jaunes », syndicats (GCT, FSU, Solidaires, Unsa, CNT) et des associations a mobilisé plusieurs centaines de personnes et se déroulait dans le calme.

Saint-Etienne

A Saint-Etienne, les manifestants étaient quelque 500 à défiler dans le calme sans pouvoir accéder au centre-ville, verrouillé par les forces de l’ordre. Ils ont essuyé des tirs de gaz lacrymogène après la tentative d’une poignée d’entre-eux qui cherchaient à s’infiltrer dans la zone gardée. Aucune garde à vue n’a été rapportée en fin de journée.

Dijon

A Dijon, où toute manifestation non déclarée avait été interdite, plusieurs centaines de personnes ont quand même battu le pavé avant d’être dispersées en petits groupes par des gaz lacrymogènes. Un manifestant a été arrêté pour possession de pétards, selon les autorités.

 
 
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