Gilets jaunes en France: Castaner traite les casseurs de «voyous», d’«imbéciles»

Gilets jaunes en France: Castaner traite les casseurs de «voyous», d’«imbéciles»

Des flambées de violence à Paris et un retour sur les ronds-points de France : le premier anniversaire des « gilets jaunes », qui ambitionnaient de donner un second souffle à leur mouvement de contestation sociale, a été marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de la capitale.

« Le mouvement d’origine des gilets jaunes est l’expression d’une colère profonde qu’il nous fallait entendre et à laquelle il fallait répondre. En même temps il y a cette violence qui a rejoint le mouvement », a déploré le ministre françaisde l’Intérieur. « Il y a d’un côté la légitime demande de justice démocratique, de justice sociale, de justice face à une fracture territoriale et en même temps on a vu arriver très vite, dès le 24 novembre de l’année dernière la violence arriver et rythmer de façon systématique l’essentiel de ces rassemblements », a-t-il détaillé.

Pour l’anniversaire des un an du mouvement, samedi à Paris, « ce qu’on a vu c’est peu de manifestants mais des voyous, des brutes qui étaient venus pour se battre, en découdre avec les forces de l’ordre, empêcher les pompiers d’agir et de préserver quelque fois des vies », a encore déclaré Christophe Castaner.

« Des imbéciles »

Alors qu’on lui montrait des images de casseurs s’attaquant à la statue du maréchal Juin à Paris, le ministre de l’Intérieur a expliqué qu’« ils ne s’en prennent pas au monument du maréchal Juin, ils fabriquent des armes. Ils cassent les plaques de marbre parce qu’ils ont bien conscience qu’elles sont dangereuses et ils s’en servent comme des projectiles contre nos forces de sécurité ».

« Ce sont aussi des imbéciles, on peut être à la fois imbécile, brute et voyou », a déclaré M. Castaner, estimant que « ceux qui restent aujourd’hui, ce sont des gens qui n’ont comme seul moteur que la colère, la haine et la volonté d’en découdre ».

Parmi les « 300 casseurs », il y avait samedi « des gens qui viennent de l’ultra gauche dont certains sont connus et aussi ces ultra-jaunes radicalisés au fil des semaines qui portent le fer ».

Voitures renversées ou incendiées, engin de chantier et poubelles brûlés, abribus saccagés : les assauts sporadiques de petits groupes se sont transformés en flambée de violences place d’Italie à Paris. Au centre de la Place, un monument en mémoire du maréchal Juin a été dégradé. La préfecture de police a fait état de 264 personnes interpellées, et le parquet de Paris de 129 personnes en garde à vue.

Les « gilets jaunes », qui avaient rassemblé 282.000 manifestants lors du samedi inaugural, cherchaient pour cet « acte 53 » à redonner un souffle à la « révolte des ronds-points » qui avait ébranlé le mandat d’Emmanuel Macron mais ne rassemblait plus que quelques milliers de personnes ces derniers mois.

Un an après, en dépit de concessions du gouvernement – primes d’activité, heures supplémentaires défiscalisées, organisation d’un grand débat national –, les multiples revendications de cette vaste contestation demeurent : baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, retour de l’ISF, référendum d’initiative citoyenne.

 
 
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