Denis Ducarme (MR): «Je m’oppose à toute fusion et à tout rapprochement avec le CDH»

Denis Ducarme (MR): «Je m’oppose à toute fusion et à tout rapprochement avec le CDH»
Pierre-Yves Thienpont

Dans différents médias ce week-end (La Libre, la DH, RTL), Georges-Louis Bouchez, candidat à la présidence du MR, a fait part de son ambition de rapprocher son parti du CDH, via « des listes communes ou jointes » ou « un partenariat privilégié dans la formation d’un gouvernement », sans que cela ne soit une opération « hostile » ou de débauchage de personnalités une à une. Une démarche appuyée par Gérard Deprez, qui le dit dans la DH, lui qui avait déjà tenté un tel arrimage entre libéraux et centristes à la fin des années 90 dans l’espoir de créer un grand parti populaire, alternative au PS.

Voilà qui n’agrée pas du tout l’adversaire de Bouchez dans la course à la présidence du MR, Denis Ducarme. « La campagne interne du MR, nous déclare-t-il, c’est d’abord et avant tout l’affaire des libéraux. » Et sur le fond, il se fait très net : « Je m’oppose à une forme de fusion et à tout rapprochement avec le CDH car nous n’avons pas les mêmes valeurs. Mais je veux aussi respecter cette formation politique et le travail de Maxime Prévot. Ils ont mieux à faire que d’être instrumentalisés dans la campagne interne d’un autre parti. » Voilà pour la pique à son concurrent.

► Vers une fusion MR-CDH ? « Risible », répond Maxime Prévot

Pour ce qui est des valeurs différentes entre MR et CDH, Denis Ducarme illustre : « Je souhaite que le MR puisse continuer à s’engager sur les valeurs de laïcité et de neutralité de l’État. » Il pointe par exemple « les accommodements raisonnables de Madame Milquet à l’époque », qu’il dénonce. Et, dans le dossier actuel de dépénalisation de l’avortement, il argumente : « Je veux un MR qui s’engage pour la liberté des femmes et la liberté de leurs corps. Le CDH, lui, n’a pas signé les amendements des huit autres partis qui plaident pour une dépénalisation totale et l’élargissement à 18 semaines » de la période durant laquelle l’IVG peut être pratiquée. Cela prouve que nous n’avons pas les mêmes valeurs. D’ailleurs, au parlement européen, le CDH siège au PPE, ce sont des conservateurs. Moi, je veux que le MR soit la voie alternative à la gauche, aux conservateurs et aux populistes. »

Au-delà des tensions entre personnalités, le débat de fond entre les deux candidats à la présidence du MR est bien lancé.

 
 
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