Le déficit de la Fédération Wallonie-Bruxelles menace son existence, estime André Antoine

Le déficit de la Fédération Wallonie-Bruxelles menace son existence, estime André Antoine
Belga

Les déficits « répétés et successifs » de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) risquent de conduire progressivement à son « dépeçage », a alerté lundi en commission du Parlement l’ancien ministre du Budget André Antoine (CDH). Le poids de la dette francophone crée une asymétrie avec la Flandre et favorise la poussée régionaliste wallonne, a regretté le député de l’opposition lors du débat qui a suivi la présentation du rapport 2018 de l’Agence de la dette.

D’après l’Agence de la dette du ministère de la FWB, la dette de cette entité fédérée atteignait à la fin de l’année dernière le montant record de 6,768 milliards d’euros, soit une hausse de 134 % en 10 ans. Mais les emprunts sont réalisés dans une situation de baisse continuelle des taux et leur durée moyenne a été allongée pour maîtriser le risque de refinancement, ont expliqué deux responsables de l’administration devant les députés de la commission du Budget.

Deux représentants de la Cour des comptes ont également exposé les chiffres-clés de la dette de la FWB, à paraître dans une prochaine publication. « La qualité de débiteur de la Communauté française demeure élevée et ne s’est pas dégradée ces dernières années », ont-ils relevé, ajoutant cependant qu’elle pourrait être affectée « soit par une non-maîtrise des déficits budgétaires successifs, soit par une remontée des taux d’intérêt ».

« Une détérioration continue »

Pour le député André Antoine, qui fut ministre du Budget de la FWB entre 2009 et 2014, l’évolution du ratio de la dette par rapport aux recettes (61,2 % fin 2018) n’est pas soutenable. « On a dépassé les 60 %, c’est historique. Il y a une détérioration continue », a-t-il relevé. Or aucun retour à l’équilibre n’est programmé. Les francophones vont une nouvelle fois se retrouver en position défavorable lorsque se négociera avec la Flandre la prochaine réforme de l’Etat. De plus, les régionalistes wallons tiendront un argument supplémentaire pour dépecer la Fédération : « Petit à petit, l’existence même de la FWB sera remise en question », craint M. Antoine.

Le ministre du Budget, Frédéric Daerden (PS), a appelé à ne pas trop anticiper les débats budgétaires alors que la séance avait un objectif avant tout technique. « Je pense que la dette est soutenable aujourd’hui », a-t-il toutefois affirmé.

Le ratio dette/recettes de la FWB est moins bon qu’en Flandre mais meilleur qu’au fédéral et que dans les autres Régions. « C’est clair que si les déficits devaient exploser, si les taux devaient exploser, et si en plus nos recettes devaient s’effondrer, on serait dans une situation problématique. Mais avec des si pareils, qui sont en totale contradiction avec ce que les économistes disent, alors on ne fait plus rien. Et on a tellement besoin de faire ! » « Je suis confiant, ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas vigilant », a conclu le ministre, avant de renvoyer aux débats budgétaires et au prochain ajustement du budget.

 
 
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