Présidence du MR: les 16 questions de Defraigne à Ducarme et Bouchez

Présidence du MR: les 16 questions de Defraigne à Ducarme et Bouchez

Dans la dernière ligne droite de l’élection à la présidence du MR, les voix des trois candidats éliminés au premier tour pourraient jouer un rôle non négligeable au second tour.

Dans ce contexte, et pour autant que leurs électeurs les suivent, les 16 % obtenus par Philippe Goffin et Clémentine Barzin, qui ont déjà déclaré soutenir Georges-Louis Bouchez, pourraient potentiellement s’ajouter aux 44,6 % obtenus la semaine dernière par le jeune sénateur montois. Si Christine Defraigne, qui s’est humainement rapprochée de Denis Ducarme durant la campagne, se rangeait derrière celui-ci, ses 14 % pourraient, eux, potentiellement s’additionner aux 25 % atteints par le ministre de l’Agriculture au premier tour.

Courant progressiste

Mais la première échevine liégeoise n’a pas encore officialisé son choix. Elle attend pour cela une réponse aux questions qu’elle a préparées à l’intention des deux prétendants à la présidence du MR. Seize questions rédigées avec des amis libéraux sociaux, qui sont en train de se structurer en vue de former un courant au sein du MR et de préparer un manifeste. C’est d’ailleurs la première question que Christine Defraigne et ses amis posent à Bouchez et Ducarme, sachant que ce dernier insiste fortement désormais sur des thèmes ou positionnements chers aux libéraux sociaux : « Acceptez-vous de reconnaître officiellement l’existence d’un courant progressiste au sein du MR et à lui conférer le même statut et au minimum les mêmes prérogatives que celles accordées au MCC (une place dans l’ensemble des organes décisionnels du parti et une représentation au Centre Jean Gol) ? » Ducarme a déjà répondu par l’affirmative, Bouchez s’est dit ouvert.

Valeurs

Ensuite, différentes questions ont trait aux valeurs. Comme celle de « l’indépendance de la fonction publique vis-à-vis du politique » et de la possibilité de créer « une plateforme où se rencontreraient le parti, le syndicat libéral et la Mutualité Libérale pour traiter des dossiers sociaux et économiques au sein de notre Maison Bleue ». Ou celle touchant à « l’inclusion de la diversité dans la société au plan social, économique et politique ». Ou encore celle de « l’inclusion de la laïcité dans la Constitution et de l’interdiction de tout signe convictionnel dans la fonction publique ». Et celle de « l’égalité femme-homme ».

Villes, campagnes, citoyens

Des questions portent aussi sur des dossiers précis : « Êtes-vous d’accord sur l’urgence qu’il y a de refinancer la justice et les services de police dans les grandes villes ? » ; « Êtes-vous d’accord de refinancer spécifiquement les grandes villes afin qu’elles soient en mesure d’y renforcer la cohésion sociale, leur mixité, leur attractivité et de développer leurs bassins d’emploi dans une perspective de développement durable ? » ; « Êtes-vous favorable à l’extension du cours de citoyenneté et de philosophie d’une à deux heures/semaine ? Et seriez-vous prêt à défendre, dans l’enseignement officiel, le remplacement des cours de religion et de morale par un cours de cultures et d’histoire religieuse et philosophique ? » ; « Quelles politiques envisagez-vous pour garantir l’authenticité de nos campagnes et promouvoir la durabilité de notre agriculture ainsi que la qualité de vie de nos agriculteurs ? » ; « Êtes-vous favorable à l’inscription du bien-être animal dans la Constitution et à l’étourdissement obligatoire avant abattage ? » ; « Quels sont les axes forts à mettre en œuvre en matière de sécurité sociale et de pension ? »

Coalition

Enfin, place à l’actualité avec quelques questions de l’heure. « Privilégiez-vous un dialogue entre la famille libérale et la NVA ou un dialogue préalable entre les partis francophones avant toute négociation avec les partis néerlandophones ? » ; « Êtes-vous favorable à un rapprochement avec le CDH qui est le parti des accommodements dits raisonnables et membre du groupe conservateur européen PPE ? » ; « Êtes-vous favorable à la dépénalisation totale de l’avortement et de voter la proposition de loi actuellement soumise du Parlement ? » ; comment « résoudre l’équation de la pérennisation des dépenses publiques et des nécessaires investissements ? » ; « Que pensez-vous de la politique du gouvernement flamand de désinvestissement dans la culture ? ».

Sur plusieurs de ces dernières questions (N-VA, CDH, avortement), et quelques autres, on sent ou sait déjà que les libéraux sociaux partagent davantage le point de vue de Denis Ducarme que celui de Georges-Louis Bouchez. Reste à voir ce que donnera l’ensemble des réponses fournies.

 
 
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