Une équipe de chercheurs belges réalise une percée dans la lutte contre le cancer de la peau

Le cancer de la peau réapparaît souvent après le premier traitement. Le professeur Christophe Marine et son équipe ont découvert pourquoi mais surtout comment y remédier.

Le cancer de la peau est le cinquième type de cancer le plus fréquent en Belgique. En 2016, un mélanome malin a été diagnostiqué chez 3 069 patients, dont une majorité de femmes. Cette année-là, 336 Belges sont décédés d’un cancer de la peau. Malgré les campagnes de prévention qui mettent en garde contre la surexposition de la peau au soleil et aux lampes UV, le nombre de patients touchés augmente encore chaque année.

La recherche sur le traitement du cancer de la peau s’est accélérée au cours de ces dernières années. Malheureusement, malgré les succès obtenus, le cancer réapparaît encore trop souvent après le premier traitement. Un biologiste belge et son équipe ont découvert pourquoi certaines cellules cancéreuses ne sont pas sensibles au traitement. Lors de leurs expériences en laboratoire, ils sont également parvenus à éliminer les mécanismes sous-jacents de ces cellules cancéreuses. Pour cela, ils procèdent avec des cocktails individualisés de médicaments déjà existants.

Des cellules qui s’adaptent au traitement

Qu’ont-ils découvert exactement ? « Notre recherche visait à découvrir comment et pourquoi certaines cellules trouvent un moyen d’échapper au traitement qui fonctionne pour d’autres cellules. Le système que nous avons découvert est assez complexe et répartit les cellules en deux catégories. Un type de cellule offre une résistance naturelle au traitement alors que l’autre type est capable de s’adapter au traitement. Ces cellules sont malléables dans une certaine mesure ce qui leur permet d’adapter leur identité et de presque se comporter comme des cellules souches. Grâce à nos recherches, nous avons non seulement compris ce mécanisme, mais nous avons en quelque sorte également trouvé un moyen de reprogrammer les cellules, pour qu’elles ne présentent plus ce comportement », explique le Professeur Marine.

L’équipe de chercheurs a testé ses découvertes sur des cellules tumorales humaines implantées chez des souris de laboratoire. Ces dernières ont été traitées et guéries avec un cocktail individualisé de médicaments existants. Il faut toujours un certain temps pour que les traitements de laboratoire aident aussi les patients, mais les chercheurs espèrent que, grâce à cette façon de travailler, ce sera le cas d’ici cinq à dix ans. « Les médicaments individuels avec lesquels nous travaillons ont déjà été testés sur des humains. Leurs actions et leurs effets secondaires sont connus. Il ne nous reste plus qu’à les réunir dans une thérapie combinée. »

Actuellement, le traitement du mélanome peut comporter la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie et l’immunothérapie. De nouveaux traitements ciblés ayant un effet spécifique apparaissent de plus en plus. Mais la résistance du cancer de la peau au traitement reste un problème. L’approche actuelle réussit à éliminer 95 % des cellules cancéreuses, mais les 5 % restants résistent ou demeurent immunisés face au traitement. Ce qui provoque une récidive au bout d’un certain temps. C’est sur ces 5% de récidive que le professeur Dr Christophe Marine et son équipe, avec le soutien financier, entre autres, de la Fondation contre le Cancer, ont fait des découvertes importantes.

Aider la recherche

Le professeur Marine et son équipe ont reçu trois bourses consécutives de la Fondation contre le Cancer pour cette étude, chacune finançant quatre années de recherche. « Ce financement permet de réaliser des expériences complexes et d’utiliser des technologies de pointe coûteuses », dit-il. « Le soutien de la Fondation contre le Cancer a été très important pour nous. Je trouve incroyable que tout cet argent provienne entièrement de donateurs individuels et d’entreprises. Pour montrer notre gratitude, nous recevons régulièrement quelques-uns de ces donateurs au laboratoire pour une visite guidée et des explications. Lors de ces rencontres, nous découvrons pourquoi les gens font un don. Souvent, ils ont perdu un être cher d’un cancer et veulent s’assurer que les futurs patients pourront être guéris. C’est ce qui me motive en tant que biologiste : je veux vraiment comprendre comment les choses fonctionnent et avoir un impact en faisant des recherches qui, à terme, aideront les gens à vivre mieux et plus longtemps. »

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