Les gardiens de prison de Jeffrey Esptein sont inculpés

Jeffrey Epstein
Jeffrey Epstein - AFP

La mort le 10 août dans une prison fédérale new-yorkaise du financier Jeffrey Epstein, figure de la jet-set, avait mis fin de facto aux poursuites contre lui et privé ses accusatrices d’un procès qui s’annonçait retentissant : le millionnaire de 66 ans était accusé d’avoir, au prétexte de massages, exploité sexuellement des jeunes filles mineures des années durant, dans ses luxueuses résidences de Manhattan, de Floride et des Caraïbes.

Décrit par ses victimes présumées comme un prédateur sexuel insatiable, il risquait jusqu’à 45 ans de prison.

L’autopsie a conclu que le financier s’était suicidé par pendaison. Mais ce point est contesté : un expert mandaté par le frère de Jeffrey Epstein a estimé récemment que les éléments témoignaient « davantage d’un homicide que d’un suicide ».

Quelques jours après sa mort, le ministre américain de la Justice William Barr avait déploré de « graves » dysfonctionnements dans cette prison de Manhattan réputée particulièrement sûre où il était détenu depuis début juillet.

Le directeur de l’établissement, le Metropolitan Correctional Center, avait été muté et les deux gardiens suspendus.

Mardi, le procureur de Manhattan a publié l’acte d’accusation contre les gardiens qui devaient le surveiller dans la nuit du 9 au 10 août : Tova Noel, 31 ans, et Michael Thomas, 41 ans, sont accusés de n’avoir « pas fait les rondes » de surveillance qu’ils devaient faire.

« Ils sont restés à leur bureau, ont surfé sur le net, et se sont promenés dans les parties communes de leur unité », a affirmé le procureur, cité dans un communiqué.

« Pour dissimuler leurs manquements », ils ont « signé de faux certificats attestant avoir fait plusieurs rondes de comptage des prisonniers, ce qui n’était pas le cas », a encore accusé le procureur.

Aucune ronde n’a été effectuée entre 22h30 le 9 août et 06h30 le 10 août, heure à laquelle le corps d’Epstein a été découvert dans sa cellule, a-t-il affirmé.

La mort du millionnaire au carnet d’adresses très fourni, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, avait fait scandale et alimenté des théories du complot : certains faisaient valoir que certaines personnalités qu’avait fréquentées Epstein avaient tout intérêt à le voir mort.

Le financier comptait parmi ses connaissances le prince Andrew, fils de la reine Elizabeth II, l’ex-président Bill Clinton, l’actuel président Donald Trump et de nombreuses autres personnalités américaines.

 
 
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