Les hôpitaux bientôt en rupture de médicaments anticancéreux

Les hôpitaux bientôt en rupture de médicaments anticancéreux
Adam Nieścioruk, Unsplash

En raison d’une rupture de stock, plusieurs hôpitaux belges manquent de Paclitaxel, un médicament utilisé en chimiothérapie, en particulier pour les patientes atteintes du cancer du sein. Le médicament peut être acheté à l’étranger, mais il coûte jusqu’à six fois plus cher, rapporte VTM Nieuws mardi soir.

« Nous avons juste assez de Paclitaxel en stock pour traiter six patients mercredi. Mais le produit sera ensuite épuisé. Nous informerons lundi les patients programmés la semaine prochaine », explique le Dr Philip Vroman de la clinique du sein de l’AZ West à Furnes.

Selon l’Association flamande des pharmaciens d’hôpitaux (VZA), plusieurs hôpitaux font face à une grave pénurie. D’autant plus que pour un grand nombre de patients, il n’est pas possible de recourir à une médecine alternative.

Le Paclitaxel reste cependant disponible à l’étranger. « Je viens ainsi de recevoir une offre des Pays-Bas », souligne pour sa part Els Vandercruysse, pharmacienne en chef à l’AZ West. « Mais il faut débourser 150 euros pour 30 mg, soit six fois plus que ce que nous payons normalement en Belgique. »

Les sociétés concernées (Fresenius Kabi, Accord Healthcare, Hospira, Teva, Mylan et Aurobindo) ont informé l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) de la rupture de stock imminente. « Les pharmaciens en hôpitaux qui connaissent une rupture de stock peuvent importer le médicament de l’étranger sur la base d’une ordonnance médicale individuelle et d’une déclaration du médecin. L’inconvénient est que le patient ne peut pas bénéficier du prix et du remboursement tels que déterminés pour les médicaments destinés au marché belge », indique l’AFMPS mardi soir.

Mais il n’est pas question de mauvaise volonté de la part de l’industrie pharmaceutique, renchérit Ann Eeckhout, porte-parole de l’agence. « Un fabricant (Hospira) a entre-temps déjà demandé une dérogation (auprès de la Comission consultative de l’AFMPS, ndlr) pour que les livraisons destinées à d’autres pays puissent être envoyées en Belgique. Les emballages doivent être adaptés et fournis avec nos langues nationales. « En cas d’avis positif (dans les cinq jours ouvrables), les emballages importés seraient disponibles pour les patients belges d’ici la mi-décembre 2019 (un mois après l’approbation de la dérogation) », précise l’AFMPS. Dans ce cas, le prix et le remboursement seront identiques à ceux du médicament initialement destiné au marché belge.

Au vu de la situation, la Société belge d’oncologie médicale demande l’intervention de la ministre de la Santé, Maggie De Block (Open VLD). Cette dernière a fait savoir mardi qu’elle dresserait un état des lieux avec l’AFMPS mercredi.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. «
Les derniers vrais grands accords en Belgique datent de la fin des années nonante. Depuis, ce pays est complètement paralysé.
» © Dominique Duchesnes.

    Hendrik Vuye: «Vous avez eu Leterme, puis De Wever, demain vous aurez Van Grieken…»

  2. MELANIE DEBIASIO ©DOMINIQUE DUCHESNES

    Les Racines élémentaires de Melanie De Biasio: «J’ai perdu ma voix, j’ai vécu le pire, ça m’a rendu forte»

  3. Cette Congolaise de 36 ans, Kavugho Mbafumoja, ici à l’hôpital général de Beni ce 3 décembre, a survécu à une attaque d’un groupe armé.

    L’est du Congo, nouvelle cible du combat djihadiste

La chronique
  • Dans la hotte de saint Nicolas :{couques}, {nicnacs} et {spéculoos}

    Pour nombre d’entre nous, le 6 décembre fait revivre des souvenirs dont l’évocation suffit à nous convaincre que les enfants sages d’antan étaient bien différents de ceux d’aujourd’hui. Pourtant, même si le contenu de la hotte du grand saint a bien changé, il recèle quelques indémodables qui suscitent chez petits et grands un même élan de gratitude vis-à-vis de ce mystérieux visiteur à qui l’on pardonne bien volontiers son intrusion d’un soir. Dans le sillage de celui-ci, cette chronique vous offre quelques friandises linguistiques qui ont bravé les décennies, tout comme les réalités qu’elles désignent.

    Une couque de Dinant, pas de Reims

    Pas de hotte de saint Nicolas sans couque, gourmandise lexicographique de solide consistance. Une couque bien différente de ces pâtisseries à base de pâte briochée que sont, en Belgique, la couque suisse et la couque au beurre (avec ses déclinaisons aux raisins et au chocolat). Il s’agit d’un pain d’épices à pâte très ferme, ce qui...

    Lire la suite

  • Question à la N-VA: pourquoi se rendre détestable?

    Stop Khattabi » en lettres capitales noires sur fond jaune, avec pour suivre « Pas d’activiste qui puisse contrecarrer les décisions de justice à la Cour constitutionnelle ». Le tout à côté du visage de l’ex-coprésidente d’Ecolo, érigée par la N-VA en ennemie publique numéro un.

    Cette campagne « ad feminam » sur Twitter est pour commencer totalement déplacée alors qu’il existe un Parlement pour...

    Lire la suite