La Belgique critique à l’ONU le revirement américain sur les colonies israéliennes

Les ambassadeurs auprès des Nations Unies de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de la Pologne et de la Belgique (à droite)
Les ambassadeurs auprès des Nations Unies de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de la Pologne et de la Belgique (à droite) - Reuters

Cinq pays européens, dont la Belgique, ont critiqué mercredi à l’ONU la décision américaine de ne plus considérer les colonies israéliennes comme illégales, sans cependant citer directement Washington.

« Notre position sur la politique de colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est, est claire et inchangée », ont indiqué dans un communiqué commun la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Belgique et la Pologne, tous actuellement membres du Conseil de sécurité de l’ONU. « Toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international, et érode la viabilité d’une solution à deux Etats et la perspective d’une paix durable ». « Nous appelons Israël à mettre fin à toutes les activités de colonisation, conformément à ses obligations de puissance occupante », ont-ils ajouté, avant une réunion du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient.

Une rupture avec la tradition diplomatique américaine

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a annoncé lundi que « l’établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie » n’était pas « en soi contraire au droit international ». Comme la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël, et celle de la souveraineté de l’Etat hébreu sur le Golan syrien, cette annonce marque une nouvelle rupture avec la tradition diplomatique américaine.

Elle a été saluée comme une victoire en Israël, mais dénoncée par l’Autorité palestinienne et la quasi-totalité de la communauté internationale. Washington se pose, avec cette position, à contre-courant de résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU considérant les colonies comme une « violation du droit international humanitaire » mettant « gravement en péril » la solution à deux Etats.

La colonisation de la Cisjordanie occupée s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais s’est accélérée sous l’impulsion du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Aujourd’hui, plus de 400.000 Israéliens habitent en Cisjordanie occupée, territoire morcelé où vivent également 2,7 millions de Palestiniens.

 
 
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