Dépénalisation de l’avortement: Michel De Maegd (MR) retire sa signature, Denis Ducarme le remplace

Michel De Maegd.
Michel De Maegd. - Le Soir

On sait que le débat sur la dépénalisation de l’avortement divise les partis et fait l’objet de débats enflammés et de votes à majorité alternative à la Chambre. Plusieurs formations politiques laissent d’ailleurs la liberté de choix à leurs parlementaires, sans consigne de vote. Ce qui donne cette situation assez inédite à la Chambre, rapportée par « La Libre » vendredi : le député MR Michel De Maegd a retiré sa signature de la proposition de loi de son parti qu’il avait au départ cosignée. Le texte vise à autoriser l’interruption volontaire de grossesse (IVG) jusqu’à 18 semaines et à dépénaliser l’IVG. Ce qui rejoint l’accord parlementaire trouvé récemment sur ce dossier. « Après une série de rencontres avec des praticiens, j’ai choisi de prendre le temps d’aller plus loin dans ma réflexion », a déclaré Michel De Maegd. « Cela n’augure rien quant à mon vote futur, mais je souhaite ne pas me précipiter et j’ai donc préféré ne pas être cosignataire. »

Des nuances au sein du MR

Mais sa signature sera rapidement remplacée par une autre : celle du ministre Denis Ducarme, parlementaire durant les affaires courantes et par ailleurs candidat à la présidence du MR. Après contact avec son nouveau chef de groupe, Benoît Piedboeuf, et avec l’auteure principale de la proposition, Kattrin Jadin, il a en effet décidé de cosigner la proposition du groupe MR. Denis Ducarme nous annonce qu’il « soutient également les amendements cosignés par le MR et par les partis plaidant pour ces deux mesures importantes ». Il s’explique : « Ma position n’a pas varié. J’ai toujours été très clair, sans ambiguïté, notamment sur la suppression des sanctions. Tout en respectant les convictions de chacune et de chacun, je pense que le MR doit être davantage en pointe sur les questions éthiques, notamment lorsqu’il est question des droits des femmes. Plus qu’un débat politique, c’est un débat philosophique sur la liberté des femmes qui se pose aujourd’hui. Nous devons pouvoir nous démarquer des conservateurs sur ces questions. »

Manifestement, au sein du MR, des nuances existent sur ce délicat dossier éthique (l’autre candidat à la présidence, Georges-Louis Bouchez, n’étant pas complètement sur la même ligne). Dossier qui, légitimement, interroge et divise les parlementaires comme les partis.

 
 
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