Brexit: Boris Johnson dévoile son plan en cas de victoire aux élections

Brexit: Boris Johnson dévoile son plan en cas de victoire aux élections

D’abord réaliser le Brexit puis tourner la page de l’austérité: le Premier ministre conservateur Boris Johnson a dévoilé dimanche ses plans en cas de victoire aux élections du 12 décembre au Royaume-Uni.

Pour Boris Johnson, ces élections -- les troisièmes en quatre ans -- sont le seul moyen de sortir le Royaume-Uni de l’impasse du Brexit, qui divise le pays depuis son vote par 52% des Britanniques lors d’un référendum en 2016.

«Réalisons le Brexit et nous pouvons nous concentrer sur les priorités des Britanniques», a martelé Boris Johnson, acclamé par ses partisans qui ont scandé «Boris, Boris» à son arrivée dans une salle de conférence de Telford, dans les West Midlands (centre de l’Angleterre).

« Le meilleur endroit sur terre »

Le dirigeant conservateur promet aux électeurs de faire du Royaume-Uni le «meilleur endroit sur terre», avec des «rues plus sûres» et un «air plus pur» s’ils lui donnent une majorité et écartent son rival Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d’opposition.

«Atteignons la neutralité carbone d’ici 2050 et la neutralité Corbyn d’ici Noël», a plaisanté le dirigeant conservateur, déclenchant aussitôt une vague d’applaudissements dans le public, qui comptait ses principaux ministres au premier rang.

Boris Johnson a pris plaisir à railler Jeremy Corbyn, qui compte négocier un nouvel accord de Brexit avec Bruxelles et le soumettre au vote des Britanniques mais souhaite rester «neutre» lors de cet éventuel référendum qui proposera aussi d’annuler le Brexit.

«Même lui ne croit pas en son nouvel accord! «, s’est moqué Boris Johnson.

Boris Johnson met lui en avant son principal atout: l’accord de Brexit qu’il a négocié avec Bruxelles et qui est «tout prêt».

En amont de son discours, il a promis un «cadeau de Noël anticipé» aux électeurs s’il est réélu: le retour devant le Parlement dès le mois prochain du projet de loi sur l’accord de retrait de l’Union européenne.

«Nous pouvons ensuite règler tout ça en quelques jours ou quelques semaines et nous serons hors (de l’UE) d’ici le 31 janvier», a-t-il avancé.

Les députés britanniques doivent siéger de nouveau le mardi 17 décembre pour le début d’une nouvelle session parlementaire, ce qui laisse peu de temps pour l’examen du texte, qui ne pourra pas être ratifié avant Noël.

Mais avec cette annonce, Boris Johnson souligne sa détermination à quitter l’UE au plus vite.

Sécurité renforcée

Il promet aussi aux Britanniques 20.000 policiers de plus dans les rues, 6.000 médecins et 50.000 infirmiers de plus et des milliards injectés dans les services publics, le tout sans augmenter les impôts ni la TVA.

Le Parti conservateur, qui a connu un regain de popularité depuis son arrivée au pouvoir, est actuellement nettement en tête des sondages avec environ 40% d’intentions de votes, plus de dix points devant le Labour, principal parti d’opposition (gauche).

Le parti devrait aussi profiter du renoncement de l’europhobe Nigel Farage à présenter des candidats de son Parti du Brexit dans plus de 300 circonscriptions. M. Farage était accusé de risquer d’éparpiller les voix pro-Brexit.

Toutefois, l’issue du scrutin reste incertaine et les commentateurs politiques appellent à la prudence.

Car Boris Johnson a aussi ses points faibles, en particulier les années d’austérité subies par les Britanniques sous différents gouvernements conservateurs. Il promet d’y mettre fin.

Le Premier ministre s’engage en particulier à augmenter de 33,9 milliards de livres (39,5 milliards d’euros) le budget du service public de santé, le NHS, chéri des Britanniques mais au plus mal aujourd’hui en raison de problèmes de recrutement de personnel et de vétusté des établissements.

Un modèle australien pour contrôler l’immigration

Sur l’immigration, il s’est engagé à mettre fin à la libre circulation des personnes et à contrôler l’immigration avec un système à points sur le modèle australien. L’immigration était un sujet clé du référendum de juin 2016, la crainte d’arrivées massives de migrants du reste de l’UE ayant profité au camp du «Leave».

 
 
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