Des milliers d'agriculteurs manifestent à Berlin contre la politique environnementale

"Sans agriculteurs, pas d'avenir", "Agriculteurs ruinés, nourriture importée"... Les pancartes accrochées derrière les tracteurs reflétaient les inquiétudes des manifestants.

Ils craignent que les nouvelles réglementations environnementales n'accroissent leurs difficultés économiques, dans un contexte de concurrence internationale.

"Les agriculteurs allemands ont besoin de protection et de perspectives d'avenir, plutôt que de régulations excessives et d'interdictions", a ainsi argué l'Organisation des agriculteurs allemands (DBV), principal syndicat agricole du pays.

C'est la troisième fois qu'une telle manifestation est organisée. Les agriculteurs demandent une "refonte" du "plan de protection des insectes", annoncé début septembre par le gouvernement d'Angela Merkel.

Fruit d'un compromis entre les ministères de l'Environnement et de l'Agriculture, ce programme implique notamment une interdiction de l'usage du glyphosate d'ici 2023 et l'interdiction, avant 2021, de l'usage d'herbicides et insecticides "ayant un impact sur les insectes" dans les zones "vulnérables d'un point de vue écologique", et des restrictions dans l'usage des engrais minéraux.

"De nombreux pesticides et pratiques interdites ici sont autorisés ailleurs dans l'Union Européenne ou dans le monde. Or, nous sommes en concurrence avec les produits issus de ces pays", regrette Norbert Prkle, exploitant agricole en Saxe.

"J'ai de moins en moins confiance en mon avenir", renchérit René Wessler, manifestant de 24 ans.

Huée plusieurs fois, la ministre de l'Agriculture Julia Klöckner a défendu sa politique devant les manifestants, porte de Brandebourg en plein centre de Berlin près du Parlement, tout en appelant à "renouer le dialogue" entre la société et les agriculteurs.

Depuis plusieurs mois, les organisations du secteur se plaignent d'un manque de considération de la part d'une opinion publique de plus en plus sensibilisée aux questions environnementales.

"Les citadins ne nous comprennent plus, car ils n'ont plus aucun contact avec nous", regrette Hubert Oing, 47 ans, exploitant en Basse-Saxe.

Cette fracture s'est récemment illustrée avec une pétition visant à "sauver les abeilles" contre les pesticides, qui a récolté cette année plus d'1,8 million de signatures en Bavière, poussant le gouvernement régional à s'engager sur la question malgré l'opposition des organisations agricoles locales.

Selon une étude parue fin 2017 et basée sur des captures réalisées en Allemagne, l'Europe a perdu près de 80% de ses insectes en moins de 30 ans, contribuant à faire disparaître plus de 400 millions d'oiseaux.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Le duo d’informateurs, Joachoim Coens et Gerorges -Louis Bouchez, à leur arrivée chez le roi ce lundi.

    Coalition fédérale: PS et N-VA ne se rapprochent pas mais ne se quittent plus

  2. d-20191230-3Y1G9Z 2019-12-26 16:43:06

    Affaire Gabriel Matzneff: pourquoi a-t-on fait taire ceux qui se sont élevés contre l'écrivain?

  3. d-20180913-3NJ2DX 2019-11-19 19:47:41

    Le procès Deliveroo fixé pour octobre… 2021

La chronique
  • Le cas Emir Kir, l’arbre qui cache la forêt communautariste

    Nous ne sommes qu’au début des effets de l’« affaire Kir ». Sur un plan individuel d’abord, Emir Kir s’indigne de l’éviction spectaculaire dont il fait les frais et a la possibilité de faire appel.

    Sur un plan collectif, on vérifiera dans les jours qui viennent l’impact politique de cette décision courageuse de la Commission de vigilance du PS.

    Mais c’est sur un plan plus général que des questions cruciales se posent. Les socialistes ne peuvent en...

    Lire la suite