Affaire Estelle Mouzin: Fourniret «n’est pas passé» formellement «aux aveux»

Michel Fourniret, mis en examen mercredi dans l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin en 2003, n’est « pas passé » formellement « aux aveux » mais des charges « très importantes » pèsent sur lui, a assuré jeudi à l’AFP l’un des avocats du père de la fillette.

Lors de son audition mercredi par la juge d’instruction, Michel Fourniret « n’a pas donné d’éléments précis » sur son implication dans la disparition de la fillette, a déclaré Me Didier Seban, précisant parler sur la base des premiers éléments portés à sa connaissance. « Il n’est pas passé aux aveux mais est resté évasif, comme souvent », a complété l’avocat. Avec Michel Fourniret, « il faut parfois attendre longtemps pour avoir des aveux, on l’a vu dans les affaires Parrish et Domece », deux jeunes femmes tuées en 1988 et 1990.

Malgré l’absence d’aveux formels, « les charges sont très importantes » à l’encontre du tueur en série, a estimé Didier Seban. « Cela explique qu’il ait été mis en examen par la juge d’instruction ».

Michel Fourniret, entendu pendant près de trois heures mercredi par la juge Sabine Khéris, qui a récupéré fin juillet l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin, a été mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivis de mort ». C’est la première fois que le tueur en série, entendu à plusieurs reprises depuis la disparition de la fillette à Guermantes (Seine-et-Marne) le 9 janvier 2003, est formellement mis en cause dans cette affaire.

L’« ogre des Ardennes », déjà condamné à la perpétuité pour les meurtres de huit jeunes femmes ou adolescentes, avait toujours nié toute implication dans la disparition d’Estelle Mouzin, expliquant qu’il se trouvait ce jour-là à son domicile de Sart-Custinne, en Belgique.

« Retrouver son corps et très vite »

En guise d’alibi, le tueur en série invoquait un appel téléphonique passé à son fils le soir des faits pour son anniversaire. Ce dernier n’avait alors pas décroché mais l’appel avait été attesté par des relevés téléphoniques.

Cette version a cependant été fragilisée par les récentes déclarations de son ex-épouse Monique Olivier. Entendue jeudi dernier par la juge Khéris, elle avait raconté avoir elle-même passé ce coup de téléphone, à la demande de son mari.

« Nos attentes, c’est évidemment d’avoir des indications pour retrouver Estelle très rapidement. (…) Il faut que, maintenant, on mette les moyens pour retrouver son corps et très vite », a souligné mercredi la seconde avocate du père d’Estelle Mouzin, Me Corinne Hermann.

 
 
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