La Belgique décroche le hub européen de la cybersécurité

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La Belgique décroche le hub européen de la cybersécurité
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Le site de l’ESEC-Redu, situé en province de Luxembourg, est le seul candidat affirmé pour devenir le nouveau centre opérationnel de référence en matière de cybersécurité, ainsi que l’a plaidé le ministre fédéral de la Politique scientifique David Clarinval (MR). Il sera à terme chargé de la protection de toutes les activités et infrastructures spatiales de l’ESA. Le projet est ambitieux : une première enveloppe optionnelle de 27 millions d’euros a été proposée par l’ESA dont 14 millions sont apportés par la Belgique. De son côté, l’exécutif de l’ESA s’est formellement engagé à la compléter à hauteur de 10 millions d’euros via le programme obligatoire. Ce projet va créer d’importantes opportunités dans les communautés scientifiques et industrielles, renforçant encore un peu plus l’excellente réputation de la Belgique dans le domaine spatial.

Les pays membres ont approuvé un budget de 14,4 milliards d’euros pour financer les nouveaux programmes sur une durée de cinq ans, une somme record. Son directeur général, Ian Wörner, paraissait même un peu surpris de ce résultat, puisque l’enveloppe est même supérieure à la somme initialement proposée par l’ESA à ses Etats membres (14,3 milliards d’euros). Les « donateurs » ont donc accordé davantage que demandé. « C’est un pas de géant pour l’Europe », a réagi auprès de l’AFP Jean-Yves Le Gall, le président du CNES, l’agence spatiale française.

Le Comité industriel de l’ESA a déjà approuvé l’appel à la réalisation de deux études afin de préciser la nature des besoins propres de l’ESA pour le site de l’ESEC-Redu, en dégageant 1 million d’euros.

« Je me réjouis que le Conseil ministériel réuni à Séville ait décidé à l’unanimité de supporter au travers d’un de ces programmes le développement de la cybersécurité. L’apport financier conséquent de la Belgique a joué sans aucun doute un rôle décisif dans la confirmation que le Centre de cybersécurité sera établi sur le site de l’ESEC-REDU, dans une région au sein de laquelle les activités de l’Agence représentent déjà 250 emplois directs », réagit David Clarinval. « Les installations et le personnel qui s’y trouvent jouissaient déjà d’une excellente réputation depuis des années, grâce à la collaboration de chercheurs et de techniciens provenant de l’ensemble du pays. Décider d’y implanter ce Centre pour la cybersécurité ne fait que renforcer l’importance de leur travail et la reconnaissance internationale du rôle joué par la Belgique dans ce secteur d’avenir majeur qu’est la conquête spatiale ».

Une lutte anti-terroriste

Il ne se passe plus une semaine sans que des cyberattaques soient déjouées, un peu partout dans le monde. Les terroristes ont malheureusement bien compris que l’interconnexion et la dépendance accrue de notre société aux systèmes d’information (ICT) constituent des cibles de choix pour leurs méfaits. De telles attaques peuvent avoir des conséquences catastrophiques pour nos citoyens, les entreprises et les services de l’Etat. De plus en plus, ce qui relevait voici encore quelques années de la science-fiction est devenu une dangereuse réalité.

Le domaine de l’espace – qu’il s’agisse des lanceurs ou des satellites – n’échappe plus à cette menace, trop longtemps sous-estimée. L’acte malveillant y représente un risque majeur, d’autant plus que l’ESA est une cible de choix. Toute attaque visant ses infrastructures aura des conséquences sur notre quotidien. C’est vrai pour les citoyens : du fonctionnement d’une kyrielle d’applications de leurs smartphones à celui de leurs GPS quand il ne s’agira pas, demain, d’assurer la sécurité des trajectoires des véhicules autonomes, des drones de livraisons de colis à domicile ou encore des divers véhicules volants en cours de développement, énormément de leurs objets connectés en dépendent.

Mais c’est vrai aussi pour les entreprises et les Etats : de la sécurité des transports terrestres, maritimes ou aériens (civils et militaires) à celle des réseaux de production et de distribution d’eau ou d’électricité en passant par la synchronisation des échanges bancaires, nous sommes de plus en plus dépendants des données vitales qui nous sont fournies par les satellites gravitant autour de la Terre. Leur détournement ou leur prise de contrôle par des personnes malintentionnées pourrait, à terme, entraîner des conséquences désastreuses pour tous.

Clarinval: «Un rôle renforcé pour la Belgique»

Par Frédéric Soumois et Fr.So

Pour le ministre fédéral de la Recherche scientifique, David Clarinval (MR), c’est une excellente nouvelle : « Je me réjouis que le Conseil ministériel ait décidé à l’unanimité de supporter au travers d’un de ces programmes le développement de la cybersécurité. L’apport financier conséquent de la Belgique a joué sans aucun doute un rôle décisif dans la confirmation que le Centre de cybersécurité sera établi sur le site de l’ESEC-REDU, dans une région au sein de laquelle les activités de l’Agence représentent déjà 250 emplois directs. Les installations et le personnel qui s’y trouvent jouissaient déjà d’une excellente réputation depuis des années, grâce à la collaboration de chercheurs et de techniciens provenant de l’ensemble du pays. Décider d’y implanter ce Centre pour la cybersécurité ne fait que renforcer l’importance de leur travail et la reconnaissance internationale du rôle joué par la Belgique dans ce secteur d’avenir majeur qu’est la conquête spatiale. Nous pensons que l’espace est plus que jamais amené à devenir un des leviers de développement majeurs de nos sociétés dans les prochaines années. Les évolutions dans le domaine spatial se succèdent de plus en plus vite. Pensons aux évolutions New Space poussées par des acteurs disruptifs et aux opportunités offertes entre autres par les Big Data et l’intelligence artificielle. La stratégie européenne doit absolument s’y adapter, notamment via la stimulation des projets cofinancés proches des marchés commerciaux. Cette stratégie doit aussi mettre encore plus que jamais l’accent sur les applications spatiales au service des pouvoirs publics et des citoyens et venir en appui des grands défis sociétaux tels que le développement durable, le changement climatique et les migrations ».

 
 
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