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Black Friday: consommer est un droit et une responsabilité

Questionner le Black Friday n’a rien de futile : l’événement n’existe que par le fait que nous le faisons vivre.

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Chef du service Economie Temps de lecture: 3 min

C’est un signe de la crise que traverse notre époque : l’acte a priori anodin consistant à profiter d’une promo pour réaliser la bonne affaire est désormais sujet à caution, à débat. N’est-ce pas irresponsable de participer à l’orgie consumériste proposée par le Black Friday, cet événement récemment importé des États-Unis qui s’est répandu comme une traînée de poudre sur le Vieux Continent ?

Ce qui, il y a quelques années, aurait été perçu comme une incontestable réussite commerciale, un concept à étudier dans les business schools, suscite en effet un sentiment diffus de malaise chez certains, une franche hostilité voire une contestation en bonne et due forme chez d’autres. En témoignent le mouvement « Green Friday », appelant à une consommation plus durable, ou, en Suède où est né le « Flygskam » (la honte de prendre l’avion), le « Köpskam » qui n’est autre que… la honte d’acheter.

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3 Commentaires

  • Posté par VINCENT Patrick, vendredi 29 novembre 2019, 14:54

    Pourquoi faut-il acheter, alors que l'on pourrait réparer, cela crée aussi de l'emploi .

  • Posté par Ask Just, vendredi 29 novembre 2019, 15:53

    Effectivement, il y là aussi tout un marché à développer, où l'offre créera la demande. Exemple: les boutiques de réparation de smartphones qui se sont mises à pulluler. Autre exemple: Decathlon qui va se muer partiellement en "hub" de réparation/location de cyclos en centre ville. L'etat aurait tout à fait les moyens fiscaux d'inciter à la mise en place de cette offre, génératrice d'emploi et de profit (mais pas forcément pour les acteurs déjà en place, d'où freinage ou absence de volonté). Le manque à gagner pourrait être compensé par des incitants négatifs dans les secteurs problématiques, enclanchant ainsi une dynamique vertueuse.

  • Posté par Ask Just, vendredi 29 novembre 2019, 12:17

    "La toute-puissance du marché, au sens où il nous imposerait nos choix, n’est que très relative" est une affirmation assez fausse. Dans une majorité de cas, l'offre crée la demande, et il est quasi impossible au consommateur de conditionner l'offre en modifiant son comportement. Exemple: la course au nouveau modèle et obsolescence des programmes oblige le consommateur à rénouveller régulièrement ses appareils. Autre exemple: l'offre de voyages low cost couplée à l'explosion des réseaux sociaux et une presse complice impose une norme sociale de "voyage d'ostentation" ("voyez mon Insta, moi aussi, je peux aller passer le week-end à Rome ou New-York... trop tendance"). Remettre la responsabilité sur le consommateur fait fi de la gigantesque capacité de manipulation de la demande qui s'est à présent mise en place via les grands conglomérats médiatico/industriels. Si on suit la logique "responsabilisante", on devrait pouvoir vendre des drogues dures en toute légalité, en faire la promotion sur les réseaux sociaux et la publicité ("L'héro, mon héroïne", trop tendance): le consommateur n'a qu'à ne pas les acheter, c'est sa responsabilité. Parions cependant une épidémie rapide de toxicomanie, telle celle des opioïdes aux USA. Donc, oui, l'Etat (l'Europe) a aujourd'hui un devoir moral dans la régulation de l'offre de consommation, afin de limiter les crises du surendettement, de l'obésité/diabète et de la dégradation environnementale pour ne citer que quelques enjeux majeurs coutant des sommes faramineuses à la collectivité.

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