Proximus, un nouveau libraire pour «Le Soir»

Proximus, un nouveau libraire pour «Le Soir»

C’est inédit dans le monde de la presse belge. A partir du 1er décembre, Proximus va offrir à une partie de ses abonnés l’accès à l’édition digitale payante de deux journaux : Le Soir pour la partie francophone et Het Laatste Nieuws pour la partie néerlandophone. Les abonnements seront inclus automatiquement et sans frais supplémentaires dans tous les packs résidentiels avec internet à l’exception de la gamme Epic. Via « My e-press », les clients Proximus pourront donc consulter l’ensemble des articles réservés aux abonnés et publiés quotidiennement sur le site des deux éditeurs.

Voir Proximus endosser le rôle de « libraire numérique » peut paraître surprenant. En réalité, cela s’inscrit pleinement dans son positionnement. Contrairement à Telenet qui a choisi d’être producteur de contenu, Proximus veut jouer un rôle de facilitateur et d’agrégateur de contenus divers produits par des tiers. Cela ne se limite plus à des services de vidéo à la demande comme Netflix ou à des plateformes de jeux vidéo. La presse en ligne est devenue pour lui une nouvelle manière d’enrichir et diversifier ses packs pour au final acquérir ou fidéliser des abonnés.

Les éditeurs voient, eux, dans ce partenariat une occasion d’ajouter un canal de distribution supplémentaire et de toucher une nouvelle clientèle puisqu’ils obtiennent potentiellement accès à plus d’un million de clients Proximus. « Le Soir a toujours eu une double ambition qui est de produire du contenu de haute qualité qui interpelle et fait réfléchir tout en s’adressant à une large base de lecteurs, explique Bernard Marchant, CEO de Rossel, l’éditeur du Soir. Avec ce partenariat, on a une opportunité de toucher un public plus large et ce dans le cadre d’un accord où on est respecté. C’est le contraire de ce qui se passe avec Google et Facebook qui distribuent nos contenus sans nous rémunérer ».

Comment Proximus rétribue-t-il les éditeurs ? Les détails restent confidentiels mais l’opération n’est pas sans risques pour les éditeurs puisque l’offre digitale distribuée par Proximus pourrait venir cannibaliser les ventes de leurs propres abonnements. « On a fait nos calculs, insiste Bernard Marchant. C’est un paramètre qui a été pris en compte dans les négociations avec Proximus. Nous sommes dans une phase test. C’est nouveau, tant pour nous que pour Proximus. Nous avons convenu de faire le point plus tard. On verra ».

L’offre ne devrait pas rester limitée à deux titres de presse. « On se donne six mois pour voir si tout fonctionne bien, explique Haroun Fenaux, porte-parole de Proximus. Le but est ensuite d’élargir le choix à d’autres éditeurs ». L’abonné ne pourra néanmoins opter que pour un titre à la fois.

C’est toute la différence avec le modèle qui prévaut en France. Dans ce pays, les quatre grands opérateurs télécoms offrent dans leurs formules d’abonnements l’accès – payant ou gratuit – à des kiosques numériques riches de plusieurs centaines de titres (quotidiens, magazines…). Les abonnés ont donc l’embarras du choix. Un modèle qui n’a jamais percé en Belgique et vers lequel Bernard Marchant ne veut surtout pas se diriger. « Avec Proximus, on est dans un vrai partenariat avec une offre qui met en avant la valeur ajoutée de notre produit, avec une rémunération équilibrée. On ne veut pas d’un modèle à la Spotify où on tire la valeur vers le bas en faisant venir le plus grand nombre d’éditeurs possibles. On veut que les gens paient (via l’abonnement payé à Proximus) pour nous lire nous et pas pour avoir un accès à l’ensemble de ce qui existe ».

Les kiosques présentent d’autres inconvénients à ses yeux : ils ne donnent accès qu’à des versions numériques du journal papier alors que les clients Proximus bénéficieront de l’expérience complète d’un abonné digital. Et surtout, ils privent les journaux d’une relation directe avec leurs lecteurs et des données associées à cette relation. Avec My e-press par contre, les abonnés Proximus deviennent des clients à part entière puisqu’ils doivent se créer un compte auprès de l’éditeur.

 
 
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