«On est plus forts à deux que tout seul»

COOPERATIVE VIANDE ©DOMINIQUE DUCHESNES

Eleveur à Perwez, Thibaut Desmet est fils et gendre d’agriculteurs. C’est donc tout logiquement qu’il se retrouve à la tête d’une ferme familiale depuis quelques années. Lorsque le scandale Veviba a éclaté en mars 2018, le jeune agriculteur a été l’un des premiers à s’engager aux côtés d’Yves Perreaux dans la coopérative « En direct de mon élevage ». « Pourquoi ? », interroge-t-il. « Tout simplement parce que dans le système industriel, on ne rentre même pas dans nos frais. Dans la coopérative, on fait naître, on élève, on engraisse. Ensuite, puisqu’on n’a pas encore d’abattoir, on fait abattre près de chez nous puis on découpe et on sait où vont nos bêtes. En traçabilité, on ne fait pas mieux. On est là du début à la fin. Rien n’est intensif. Quant à l’alimentation, elle vient de chez nous ou de producteurs locaux installés dans un rayon de maximum 30 km. Tout le fourrage que j’utilise vient de chez moi. »

« Les gens veulent savoir d’où viennent les produits », poursuit Thibaut Desmet. « Avec nous, ils le savent puisque je vends pas mal de colis de viande à des gens de la région. Avec ma femme Aurélie, nous avons aussi un magasin dans lequel nous vendons directement des produits laitiers, du beurre, des glaces. Je pourrais aussi faire de la pomme de terre, mais si on se diversifie trop, la tâche va être trop lourde. »

L’esprit de la coopérative, le jeune agriculteur s’imagine bien le propager bien au-delà à l’avenir. « Par le passé, les agriculteurs étaient très individualistes », reconnaît-il. « Chacun voulait épater son voisin en achetant le matériel dernier cri. Je crois qu’à l’avenir, il faudra mutualiser. Je me vois bien acheter du matériel avec un voisin et en partager l’utilisation. On peut aussi se partager les tâches. Pendant que je fais quelque chose pour les deux, lui en fera de même. On est plus forts à deux que tout seul. »

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