Le prix Rossel est attribué à Vinciane Moeschler, pour «Trois incendies»

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T rois incendies, de Vinciane Moeschler, s’est vu décerner ce mardi midi le prix Rossel 2019. Après un long débat animé, le jury l’a préféré aux œuvres de Philippe Marczewski (Blues pour trois tombes et un fantôme), Odile d’Oultremont (Baïkonour), Emmanuelle Pirotte (D’innombrables soleils) et Isabelle Wéry (Poney flottant).

Les débats ont été cette année extrêmement nourris, Trois incendies n’étant choisi qu’au cinquième tour, avec quatre voix de préférence, contre trois à D’innombrables soleils et deux à Poney flottant.

Trois incendies évoque le parcours de trois générations de femmes : Léa, la grand-mère, Alexandra, la fille, Maryam, la petite-fille. Trois femmes dans la guerre, dans des guerres différentes mais qui enflamment de même les existences. Trois destins suivis pas à pas dans une narration à trois voix et à trois pronoms : je, tu, elle. De 40-45 à aujourd’hui via le Liban et le massacre de Chatila, des mots qui sautent au cœur et nouent la gorge.

Le jury du Rossel était présidé par Pierre Mertens et composé de Thomas Gunzig, Michel Lambert, Ariane Le Fort, Isabelle Spaak, Jean-Luc Outers, Jean-Claude Vantroyen (responsable du supplément littéraire Les Livres du Soir), ainsi que de deux libraires, Cindy Jacquemin, de la librairie UOPC à Auderghem, et Maria Paviadakis, de la librairie Melpomène à Mouscron.

Pour Pierre Mertens, le roman de Vinciane Moeschler « raconte trois générations de femmes face à la guerre : notamment la bataille des Ardennes et le massacre épouvantable de Sabra et Chatila, au Liban. C’est admirablement bien vu. On sait que le sujet est un peu à la mode, mais elle le traite avec une sincérité indéniable. C’est magnifique quand une femme parle de la guerre sur ce ton. Je vous assure que, comme écrivain mais aussi comme juriste, j’ai beaucoup visité la guerre du Liban. Jamais je ne l’ai vue traduite avec autant de sincérité et de profondeur. »

Trois incendies succède au palmarès à La Vraie Vie, d’Adeline Dieudonné.

Le prix Rossel sera officiellement remis en début de soirée, à Bruxelles, à la Bibliothèque Royale, en présence de la marraine du prix, Viktor Lazlo.

Les premiers mots du roman . « Beyrouth, août 1982. Chambre numéro huit, le lit est défait. L’empreinte de son corps y est encore visible lorsqu’elle part au lever du jour, là où la lumière reste délicate. Dans les rues, dédale de gravats qui évoque la mort, elle marchera. Elle ignore si ce soir elle sera encore vivante. Ou si son corps sera réduit à des contours sur des draps. »

Le premier chapitre de «Trois incendies»

Par Nicolas Crousse et Jean-Marie Wynants

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