Forest: derrière la manifestation, un malaise profond à l’Athénée royal Andrée Thomas

Le calme est revenu à l’Athénée Royal Andrée Thomas, à Forest.
Le calme est revenu à l’Athénée Royal Andrée Thomas, à Forest. - Capture d’écran Facebook.

La situation n’était plus tenable et on voulait manifester pour le prouver. » Le tableau, que nous dépeint cet élève de l’Athénée Royal Andrée Thomas (Arat) à propos de son établissement, est bien noir. « On n’est pas dans de bonnes conditions pour étudier. Il y a des problèmes de chauffage, de matériel… » Et ce mardi, la communication autour de l’organisation des futurs examens a visiblement été la goutte qui a fait déborder le vase. À 11H, les étudiants ont arrêté les cours pour protester. « Une action qui se voulait pacifique » assure ce même élève. Celle-ci a néanmoins commencé à dégénérer lorsque les élèves ont occupé les couloirs. La police a été appelée et les étudiants se sont retranchés dans le réfectoire. « Des pétards ont été lancés mais les dégâts restent limités, développe Kathleen Calie, porte-parole de la zone de police Midi. On ne dénombre pas de blessés même si quelques personnes ont fait des chutes de tension. Il y a eu une arrestation administrative mais la personne a très vite été relâchée. »

Un événement révélateur ?

Un événement isolé, ou plutôt révélateur d’une situation structurelle plus compliquée ? « On sait que notre école a la réputation d’être la plus défavorisée de Bruxelles, » confie un élève. Un ressenti confirmé par une classification rendue publique par Joëlle Milquet, en 2015. L’Arat y recevait la note de 1/20. Ce classement, basé sur l’indice socio-économique de chaque étudiant, doit cependant être pris avec des pincettes car il ne prend ni en compte la qualité de l’enseignement ni le taux de réussite. Il n’empêche que la situation n’est pas des plus faciles. Un membre du personnel de l’école, préférant garder l’anonymat, va plus loin et confirme que les infrastructures précaires sont un sujet de frustration depuis de nombreuses années. Un problème que n’est pas parvenu à résoudre la nouvelle direction, qu’il pointe du doigt. « Il y a clairement des problèmes de gestion et de communication. Ce mardi, même si ce n’était pas de la manière adéquate, les élèves ont pris la parole pour appeler à du changement. »

Alors que le calme est peu à peu revenu à la suite de l’intervention policière, le temps est maintenant au dialogue. Dans les prochains jours, les éducateurs vont faire le tour des classes pour discuter avec les élèves. Et, alors que la direction de l’école et la préfète de zone n’ont pas donné suite à nos appels, Didier Leturcq, directeur général adjoint du service général de l’enseignement à la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’assure : « Dès jeudi, une réunion avec les différents acteurs sera organisée pour comprendre ce qu’il s’est passé. » Car, pour l’heure actuelle, le directeur général avoue son étonnement. « Je n’ai eu connaissance d’aucun signe avant-coureur alors qu’habituellement les syndicats sont les premiers à réagir. De ce que j’entends, c’est un mouvement spontané qui mélange plusieurs revendications bien différentes, allant d’un manque d’hygiène à l’horaire d’examen, détaille-t-il avant de conclure sur une note plus optimiste. Mais jeudi, on ne va pas se contenter de constater les problèmes, on va agir. »

 
 
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