La journaliste maltaise assassinée vivait dans la peur

La journaliste maltaise assassinée vivait dans la peur
Reuters

Le mari et l’un des fils de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, assassinée il y a deux ans, ont assuré qu’elle vivait la peur au ventre quand elle enquêtait sur la corruption au plus haut niveau du pouvoir à Malte, lors de la première audition publique vendredi de l’enquête indépendante lancée en septembre.

Trois hommes considérés comme de simples exécutants, arrêtés peu après le meurtre, sont jugés pour l’attentat à la voiture piégée dans lequel Daphne Caruana Galizia avait péri le 16 octobre 2017.

Un entrepreneur, Yorgen Fenech, a été inculpé de complicité samedi dernier. Il a mis en cause plusieurs hauts responsables du gouvernement, en particulier Keith Schembri, chef de cabinet du Premier ministre Joseph Muscat, désignant Schembri comme le « vrai commanditaire » de l’assassinat.

L’affaire Caruana Galizia a provoqué la démission de M. Schembri, même s’il a été libéré après une audition policière la semaine passée, ainsi que celles du ministre du Tourisme Konrad Mizzi et du ministre de l’Economie Chris Cardona, ensuite réintégré dans ses fonctions. Les trois hommes avaient été mentionnés dans les investigations de Daphné Caruana Galizia quand elle avait creusé la partie maltaise des Panama Papers.

« Ma mère avait peur pour sa sécurité », a déclaré lors de l’audition de vendredi Matthew Caruana Galizia, l’aîné des trois fils de la journaliste. « Elle a un jour dit à mon frère qu’elle avait l’impression qu’ils la faisaient frire vivante », a-t-il ajouté, dans une allusion à un puissant lobby politico-économique, qu’il n’a pas identifié mais accusé d’avoir lancé une campagne d’intimidation contre sa mère.

« Il y a eu ces épisodes où nos chiens ont été tués ou quand la devanture de notre maison fut incendiée, c’étaient des menaces », a-t-il accusé.

Pour la famille, l’enquête indépendante, menée par un magistrat à la retraite, doit essayer de savoir si tout a été fait pour protéger la journaliste qui dénonçait sur son blog Running Commentary, suivi par un demi-million de lecteurs, soit plus que la population de l’archipel, la corruption chronique de l’élite économique et politique maltaises.

 
 
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