Exclusion sportive de la Russie: la falsification des données menace une partie des poursuites contre les athlètes

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En juillet, l’AMA avait annoncé avoir identifié une liste de 298 sportifs dont les contrôles antidopage, entre 2011 et 2015, apparaissaient suspects, mais n’avaient pas déclenché de poursuites en Russie à l’époque du système de dopage institutionnalisé. Cette liste ne comprenait pas les cas dans l’athlétisme et le biathlon.

Mais les « suppressions et modifications » constatées dans les données « ont affecté matériellement la capacité d’engager des poursuites contre 145 des 298 sportifs », écrit le comité de révision de la conformité (CRC) de l’agence, dans sa recommandation sur la Russie, rendue publique lundi.

Environ un tiers de ces 145 sportifs sont encore en activité, a estimé lundi le chef des enquêteurs de l’AMA, Günter Younger. En revanche, l’AMA avait assuré qu’aucun cas n’était affecté parmi 43 dossiers d’ores et déjà transmis aux fédérations internationales pour qu’elles ouvrent des procédures disciplinaires.

Condition stricte

Selon ce document de 26 pages, daté du 21 novembre, le travail de fourmi des informaticiens de l’université de Lausanne missionnés par l’AMA permet de constater que « certaines suppressions et modifications ont eu lieu dès juillet 2016 », au moment où le scandale a explosé, mais « de nombreuses » manipulations « ont eu lieu après que le comité exécutif de l’AMA a exigé les données » comme une condition stricte pour lever les sanctions contre la Russie, en septembre 2018.

C’est parce que l’AMA disposait déjà d’une copie du système de gestion de l’information du laboratoire (LIMS) de Moscou, datant de 2015 et obtenue fin 2017 grâce à un lanceur d’alerte, dont l’identité n’a jamais été dévoilée, que les experts ont pu constater des incohérences avec les données remises par les autorités russes.

Faux messages

Les manipulations ne se sont pas limitées à effacer des résultats de contrôles compromettants. Les experts ont aussi découvert que de faux messages faisant porter le chapeau à l’ancien patron du laboratoire, Grigory Rodtchenkov, désormais réfugié aux Etats-Unis, ont été rajoutés dans la messagerie interne de l’ancien labo.

Or, le ministre russe des Sports lui-même, Pavel Kolobkov, avait pointé du doigt ces messages, dans une lettre adressée le 26 août au président de l’AMA Craig Reedie.

« Le CRC ne sait pas qui a donné les instructions » pour manipuler les données, écrit le comité de révision de la conformité. Mais « le laboratoire de Moscou était sous l’autorité et le contrôle du ministère russe des Sports et/ou du Comité d’enquête de Russie », ajoute-t-il.

 
 
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