Coalition fédérale: «Tout reste possible, le pire y compris» (revue de presse)

Paul Magnette a demandé à être déchargé de sa mission d’informateur
Paul Magnette a demandé à être déchargé de sa mission d’informateur - Belga

L’informateur Paul Magnette (PS) a demandé au Roi à être déchargé de sa mission. Le chef de l’État tient sa décision en suspens et a entamé des consultations. Dans ses éditos, la presse francophone estime qu’il est plus que temps d’agir et de trouver une solution face à la crise politique mais « le bout du tunnel est encore bien loin ».

Quant aux éditorialistes flamands, ils plaignent le Roi quoi doit faire face à une situation où les intérêts des partis prennent le dessus.

Dans son édito dans Le Soir, Béatrice Delvaux, pointe la méthode utilisée par Bart De Wever : l’insulte. « Faux ! Ils ont tout faux ! Des ringards ! Car la solution à la grave crise politique que traverse le pays, bon sang, mais c’est bien sûr, c’est l’insulte. Pas un gros mot qu’on ose dans son petit bureau avec ses collègues de parti. Non, non, la bonne grosse blague face caméra, histoire que toute la Flandre comprenne que les « autres » ne méritent pas le respect, qu’on peut les salir, histoire de mieux les faire détester et de tout faire exploser.

« J’ai rencontré M. Magnette et il a le goût de sa bouillie arc-en-ciel bien en bouche (…) Il faudra beaucoup de dentifrice flamand pour se laver la bouche. », a déclaré à la VRT Bart De Wever. « Y a pas à dire c’est classe, ça rehausse le niveau et ça fait avancer le schmilblik. On en est où après ça ? Ah oui, à « moins 20 » sous zéro, disait hier le président de la N-VA en clôture de son florilège ».

« Et voilà le Wallon/francophone replacé dans le rôle de l’ennemi et de l’assisté, l’Open VLD héritant au passage du rôle du traître corrompu. Le président du plus grand parti du pays, lui, se met hors jeu, évite de prendre des responsabilités – trop risqué, n’est-ce pas ? – en tirant sur ses « camarades », quelques jours pourtant après avoir exigé le lead des négociations. Cinéma ! », poursuit notre éditorialiste.

« La politique belge aujourd’hui a besoin de responsables au-dessus de la mêlée et non de bateleurs. De stratèges et non de tacticiens pyromanes adeptes du « tout est permis ». Allez croire qu’à la fin ce sont les plus intelligents qui gagnent… », conclut Béatrice Delvaux dans Le Soir.

« Temps perdu »

« Reynders et Vande Lanotte, Demotte et Bourgeois, Magnette et puis… », s’interroge dans son édito L’Avenir « Tout reste possible, le pire y compris. »

Le journal regrette « le temps perdu, gaspillé en de vaines postures politiques, de part et d’autre, à défendre des orientations et à construire des programmes voués à l’échec, de toute façon. Et qui, au bout du compte, visent surtout à se donner le beau rôle ». « Tous les scénarios sont possibles, conclut le journal, des plus minimalistes aux plus machiavéliques : en confiant une mission à un président libéral, en prolongeant encore Paul Magnette, en confiant les clés à Bart De Wever et, pourquoi pas, en passant par plusieurs de ces cases avant de lancer un appel aux hommes et aux femmes de bonne volonté, dans une ultime tentative, avant de repasser par les urnes. Autrement dit : patience, même si cette farce n’a déjà que trop duré. »

Dans son édito, pour les journaux du groupe Sudpresse, Benoît Jacquemart craint que le travail de l’informateur Paul Magnette soit « jeté à la poubelle ». « Non pas parce que le job que lui avait confié le roi Philippe n’aurait servi à rien mais parce que le vrai travail de l’informateur Magnette était peut-être avant tout de rétablir, voire simplement d’instaurer, un climat de confiance entre les différents partis condamnés à trouver une majorité fédérale, ceux pressentis pour un arc-en-ciel, auxquels se joindrait le CD&V. »

Pour le groupe Sudpresse, on se dirigerait donc vers un arc-en-ciel. « Les libéraux émettent plus que des réserves sur les notes de Paul Magnette mais les portes ne sont pas fermées, loin de là. Et une nouvelle discussion va pouvoir commencer. Plus de six mois après les élections de mai, maintenant que les représentants de sept ou huit partis se parlent enfin, il est temps qu’ils évoquent des projets concrets, de ceux qui nous touchent dans notre vie quotidienne. (…). Et l’éditorialiste de conclure : « Un échec aujourd’hui serait désastreux ».

« Union nationale »

« Tous les arguments ont déjà été avancés pour estimer que la mise à l’écart de la N-VA était un scénario à risques, pour la Flandre et pour la Belgique. Mais l’implication des nationalistes dans le processus de formation d’un hypothétique exécutif fédéral constitue un pari tout aussi dangereux. Davantage, peut-être », estime La Libre qui propose de « constituer une majorité d’union nationale alliant libéraux, socialistes, écologistes, démocrates-chrétiens pour faire face aux défis climatiques, économiques, sociaux et autres ? ». Et le journal de poursuivre : « Cette majorité pourrait aussi préparer une réforme de l’État, non pas pour scinder le pays, mais pour le faire fonctionner (…) Il est peut-être « trop tôt » pour envisager cette union nationale. Le CD&V ne s’engagera dans un arc-en-ciel que si Bart De Wever a échoué à former un gouvernement. Mais le PS, incontournable, goûtera-t-il à la « bouillie ».de la N-VA ? Le bout du tunnel est encore bien loin. », conclut l’édito de La Libre.

 
 
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