Sommet européen: Charles Michel veut changer de méthode de travail pour renforcer la confiance

Sommet européen: Charles Michel veut changer de méthode de travail pour renforcer la confiance
AFP

Le nouveau président du Conseil européen, Charles Michel, proposera aux chefs d’État et de gouvernement réunis ces jeudi et vendredi en sommet à Bruxelles une nouvelle méthode de travail, fondée sur davantage de préparation et de stratégie ainsi que sur davantage de vérification des mesures décidées, a-t-il annoncé mardi. « J’aurai l’occasion de faire des propositions afin d’avoir un mode de travail qui contribue à aller de l’avant », a affirmé l’ex-Premier ministre belge à l’Élysée, où il était reçu par le président français Emmanuel Macron, à deux jours de ce sommet d’hiver.

Le successeur du Polonais Donald Tusk a relevé une nécessité de « renforcer la confiance entre les chefs d’État et de gouvernement, et donc entre les différents peuples qui composent cette Union européenne ». M. Michel préconise davantage de préparation politique et de débats stratégiques autour de la table. Il souhaite également que les dirigeants européens vérifient davantage la manière dont sont mises en œuvre les décisions prises. « Il ne s’agit pas simplement d’annoncer des décisions, mais de s’assurer qu’elles sont réellement traduites dans la réalité européenne ».

Le Sommet de ces jeudi et vendredi sera le premier de M. Michel en tant que président du Conseil européen, ainsi que pour la nouvelle présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen. Il visera notamment à adopter formellement l’objectif de neutralité climatique pour 2050, qui consiste à réduire au maximum les émissions de CO2 et compenser le reste par des dispositifs d’absorption (par les sols et les forêts, par la technologie).

En juin, l’UE n’avait pas réussi à trouver l’unanimité. Trois pays, encore très dépendants des énergies fossiles, en particulier le charbon, résistent par crainte d’une transition énergétique douloureuse, en particulier sur le plan social : la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. « J’espère que l’on se rassemble sur un message clair : faire en sorte que l’UE soit le premier continent neutre climatiquement à l’horizon 2050. Cela nécessite de prendre en considération les points de départ des différents pays pour assurer une transition qui intègre la dimension sociale, d’équité et de justice », a souligné M. Michel, tout en reconnaissant qu’il restait du travail politique dans les heures à venir pour atteindre le consensus.

Le Brexit sera abordé

Les difficiles négociations sur la programmation budgétaire 2021-2027 de l’UE seront également au menu du Conseil mais ne devraient pas atterrir avant plusieurs semaines. L’enjeu est de faire face à la perte de la contribution britannique (Brexit oblige) sans trop couper dans les politiques historiques (agriculture, cohésion) sur lesquelles comptent de nombreux pays, et sans s’empêcher d’avancer dans des politiques nouvelles (innovation, migration, changement climatique, défense, etc.), alors qu’une série de pays emmenés par l’Allemagne se montrent réticents à délier les cordons de la bourse.

La dernière proposition avancée par la présidence finlandaise du Conseil de l’UE (1,07 % du RNB de l’UE 27, soit à peine 1.087 milliards d’euros) est en deçà de la proposition de la Commission et condamne cette dernière à l’échec, ont dénoncé mardi encore les négociateurs du Parlement européen, parmi lesquels Johan Van Overtveldt, président de la commission des Budgets du Parlement européen. « J’espère qu’on ne répétera pas des positions figées déjà connues », a commenté M. Michel en demandant « que chacun aille de l’avant pour rapprocher les points de vue ». « Je m’efforcerai de contribuer à formuler une proposition innovante la plus créatrice possible, pour que chacun puisse s’y retrouver », a-t-il promis.

Le président du Conseil espère aussi des avancées sur la zone euro, notamment pour concrétiser le budget d’investissement pour la compétitivité et la convergence. Parfois appelé « budget de la zone euro », cet instrument (IBCC) proposé par M. Macron a vu son ampleur réduite a minima par les pays les plus orthodoxes sur le plan budgétaire, soucieux de ne pas lâcher la bride aux États dépensiers.

Avant de se clore vendredi, le Sommet abordera le Brexit, au lendemain d’élections législatives au Royaume-Uni où le résultat du Premier ministre Boris Johnson sera scruté.

 
 
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