«Le modèle coopératif est financièrement solide, voire plus résilient»

Depuis sa création il y a 25 ans, la Sowecsom, entité publique dédiée au financement des projets d’économie sociale en Wallonie, a vu défiler quelques projets de coopératives. Mais il y a, incontestablement, un mouvement d’accélération depuis quelques années.

Totalement méconnu au départ, le modèle suscite beaucoup moins de méfiance aujourd’hui », commente Flora Kocovski, sa directrice. « L’envie de porter des initiatives ayant un impact positif, sur base d’un modèle de gouvernance beaucoup plus participatif, semble séduire. »

L’une des mesures introduites par la Sowecsom pour accompagner le mouvement, intitulée « Brasero », lui permet de doubler le capital apporté par les coopérateurs : quelque 31 projets ont été financés par ce biais en 2018 contre 14 en 2015. Ne nous y trompons pas, cependant : l’envie de créer une coopérative ne suffit pas pour en obtenir le financement (sous forme de participation au capital ou de prêt) : « Le business plan doit être solide, la coopérative doit prouver sa capacité à être rentable et donc viable », poursuit Flora Kocovski. « Avant de pouvoir affecter le surplus dans le respect du modèle coopératif, il faut être en mesure de le dégager… »

Croissance par essaimage

Refusant de se prononcer sur le nombre de projets rejetés par année, au motif notamment qu’un refus n’est souvent qu’une invitation à retravailler le projet, la directrice de la Sowecsom préfère souligner la solidité des coopératives dans lesquelles les deniers publics ont été injectés. « Le modèle présente une réelle résilience, une forte capacité à surmonter les difficultés. Cela tient au fait que les coopérateurs sont le plus souvent les premiers clients de la coopérative, et lui garantissent donc une forme de marché captif. Cela tient aussi au fait que ces coopérateurs sont pour la plupart des actionnaires actifs : en cas de coup dur, il y a une forme d’intelligence collective qui se déploie pour réfléchir aux moyens de se développer à long terme. Ces actionnaires ont ceci de particulier qu’ils visent moins les dividendes ou la plus-value que la pérennité. »

Pareil modèle n’interdit-il pas aux coopératives de viser une croissance importante, en se privant de l’accès à des investisseurs classiques qui, précisément, sont en attente de rendement ? « Le changement d’échelle à tout prix est rarement au cœur de ces projets qui sont plutôt d’essence locale », relativise Flora Kocovski. « Il y a du reste d’autres modèles de croissance que celui de la “scale up” qui vise à changer d’échelle. Celui qui est le plus adapté aux coopératives s’apparente à l’essaimage. » A savoir, un système par le biais duquel une coopérative, pour développer son business, suscite la création d’autres coopératives partenaires, en aval ou en amont de son activité. « En cela aussi, le modèle de la coopérative est intéressant. »

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