Boris Portnoy démis de ses fonctions chez LN24

Boris Portnoy démis de ses fonctions chez LN24

Boris Portnoy, l’un des actionnaires et fondateurs de LN24 a été démis de ses fonctions d’administrateur délégué lors d’un conseil d’administration qui s’est tenu ce jeudi à 14h. Cela faisait plusieurs semaines que la situation était tendue entre l’ex-producteur de télévision et les deux autres fondateurs de la jeune première chaîne d’information en continu en Belgique, Joan Condijts et Martin Buxant.

Boris Portnoy reste actionnaire et administrateur.

Selon plusieurs sources, les divergences de vue étaient profondes et touchaient tant la stratégie en termes de programmation que le fond ou l’organisation.

LN24, lancée le 2 septembre dernier, se bat pour atteindre ses objectifs d’audience, fixés à 1,5 % en parts de marché, et donc, de rentabilité. Le succès ne serait pour l’instant pas au rendez-vous, alors que, en interne, les rythmes de production couplés à des effectifs réduits, engendrent un climat tendu.

En trois mois, souligne un communiqué interne, « l’accent a été mis sur la création de la chaîne de télévision à fort contenu local ». Si Boris Portnoy, dont c’est le coeur de métier historique (il a notamment été à la tête d’une des principales sociétés de production du pays, Keynews), a été une des chevilles ouvrières de cette première phase de développement, il nous revient que sa vision stratégique se heurtait à celle des autres fondateurs. Le différend porte d’une part sur le fond (la programmation, le ton, les thématiques…) mais aussi sur les développements numériques. A ce jour, la promesse d’une offre d’information en rupture avec les codes et les formats télés classiques n’est pas tenue. Tant Joan Condijts que Martin Buxant entendent « accélérer le développement digital », qui, en l’état se résume à une visibilité sur les réseaux sociaux et une application aux fonctionnalités basiques.

A ce stade, la viabilité du projet n’est pas remise en cause. Pour rappel, LN24 a bénéficié d’une mise de départ serrée de 4,5 millions d’euros, levés auprès de deux sponsors principaux (Belfius et Besix, pour 1,8 million chacun), Jean-Pierre Lutgen (Ice Watch), Gilles Daoust et les trois fondateurs pour le solde. Après un lancement très remarqué, le succès d’estime ne s’est pas encore transformé en succès commercial.

Les audiences peinent en effet à décoller, même si, nous glisse-t-on, « aucune chaîne d’info n’a jamais réussi à atteindre une part de marché située en 0,5 et 0,7 % en 3 mois ». « Tous ceux qui nous soutiennent savent que stabiliser une audience, imposer un média d’information et développer le digital sont des objectifs qui s’inscrivent dans le long terme. »

En interne, nous dit-on, les équipes rédactionnelles, réduites, auraient, jusqu’à aujourd’hui, été soumises à un flux tendu, inhérent au format de chaîne d’info en continu. La promesse du direct, l’obligation de proposer une quinzaine d’invités par jour ou la difficulté à produire des images exclusives se traduiraient, selon plusieurs sources, par un climat de tensions et de fatigue parfois tendu. La démission forcée de Boris Portnoy en est l’un des signaux et serait surtout perçue comme un élément pacificateur.

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