Accueil Monde France

«Lui, il a les moyens de se passer de sa retraite»: l’opposition française réagit au renoncement de Macron

L’Elysée a confirmé samedi qu’Emmanuel Macron renonçait par avance à sa future retraite d’ancien président de la République.

Temps de lecture: 3 min

Un luxe que tout le monde ne peut pas se payer », « démagogie ! », « une énième opération de communication » : en pleine crise sur la réforme des retraites, des responsables de gauche comme de droite ont relativisé dimanche le renoncement d’Emmanuel Macron à toucher sa future pension d’ancien chef de l’Etat.

« C’est insupportable, il n’y a que les grands seigneurs, les très riches, les importants qui peuvent se permettre ce genre de libéralités », a dénoncé le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV. « Il a les moyens de se passer d’une retraite de 6.000 euros, mais la plupart des gens n’ont pas ces moyens, personnellement je ne les ai pas (…) » « Qu’est ce que ça veut dire ? Je renonce à ma retraite et donc vous aussi vous pourriez y renoncer », a-t-il ajouté, dénonçant la « démagogie » du président.

« Vous qui aurez des retraites de misère, de quoi vous vous plaignez ? Suivez l’exemple du roi ! (Qui lui a plein de points dans sa besace grâce à la banque Rotschild !) », a ajouté l’eurodéputée LFI Manon Aubry sur Twitter.

« Que le président de la République, les ministres, les parlementaires soient alignés au régime général, c’est la moindre des choses », a relativisé à son tour le secrétaire national du PCF et député Fabien Roussel dans l’émission Le Grand rendez-vous sur Cnews et Europe 1. « Qu’on mette fin à ce type de privilège, enfin ! »

Mais le renoncement du président de la République, « c’est quand même un luxe que tout le monde ne peut pas se payer », a-t-il relevé. Alors que, lui, a touché 2,4 millions en 18 mois à la banque Rothschild « et » payait l’impôt sur la fortune « avant de » se le supprimer « lorsqu’il est arrivé au pouvoir ».

« La retraite des Français n’est pas un privilège »

Pour le patron du PS Olivier Faure, le fait » que le président renonce à l’un de ses privilèges, très bien ». « Mais la retraite des Français n’en est pas un », a-t-il ajouté. L’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal a pour sa part considéré que « la vraie question c’est de savoir s’il renonce à retourner après l’Elysée dans le monde du business mondialisé avec les énormes retraites chapeaux qui vont avec et dont les montants sont sans commune mesure… »

A droite, le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan a dénoncé une « énième opération de communication ». « Je ne doute pas que les fonds de pensions auxquels il offre le marché des retraites lui assureront un pantouflage doré ou des conférences bien rémunérées ! », a-t-il insisté.

L’Elysée a confirmé samedi qu’Emmanuel Macron renonçait par avance à sa future retraite d’ancien président de la République, équivalente au salaire d’un conseiller d’Etat, soit 6.220 euros bruts mensuels, devenant ainsi le premier président à renoncer au bénéfice de la loi du 3 avril 1955.

À lire aussi Jérôme Jaffré: «Le pouvoir français n’a aucune raison de céder»

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

20 Commentaires

  • Posté par Deckers Björn, lundi 23 décembre 2019, 10:12

    C'est évidemment le commentaire d'Ask Just corroboré par Ségolène Royal dans l'article qu'il faut retenir. De même d'ailleurs que le commentaire assassin et juste de Jean-Luc Mélenchon. En faisant ce geste, Macron attend que les Français se sentent honteux de protester contre la réforme des retraites alors que LEUR retraite n'a rien d'un privilège! Je ne m'attarde pas trop sur les gogos qui saluent le "beau" geste de Macron "point" (disent-ils en guise d'argument...). Ask Just a raison. Emmanuel Macron vient du privé, sa campagne a été lourdement financée par le privé, il oeuvre pour le privé et se débarrasse d'avance d'une retraite publique puisqu'il sera pensionné par le privé. Et cela n'est en rien une bonne nouvelle. N'en déplaise aux naïfs qui s'en tiennent à penser de manière ridicule que le fait de renoncer à sa pension changera quoique ce soit aux comptes publics. Les 6000 boules de Macron aurait été une goûte d'eau dans l'océan des comptes publics français. En revanche, sa décision d'avance de se faire financer une retraite lourdement plus dorée par le privé contient pour tous les Français une lourde conséquence que sa gouvernance démontre déjà lourdement. Avis aux naïfs!

  • Posté par Daniel DEVEAUX, lundi 23 décembre 2019, 10:04

    C'est affolant ! Sans prendre position, 2 possibilités : 1. Il garde sa pension et on va le lui reprocher. 2. Il renonce à sa pension. "Démagogie", lui crie-t-on ! Ma conclusion : "Pffff !"

  • Posté par Deckers Björn, lundi 23 décembre 2019, 10:14

    Il a créé l'événement en renonçant à sa pension dans un contexte qui rend sa décision suspecte puisque l'idée est de culpabiliser les français qui se mobilisent pour leur pension et la leur n'est en rien un privilège outrancier. Il n'aurait pas renoncé à sa pension, cela ne serait même pas su et donc non, on ne le lui aurait pas reproché de ne pas y renoncer. Vous n'êtes pas obligé de tomber dans le panneau en fait.

  • Posté par Charette Alain, dimanche 22 décembre 2019, 21:30

    un traitement mensuel d un elu du peuple donne droit a une retraitre car montant brut soumis a l impot et cotisation sociale...

  • Posté par De Grève Jean-pierre, dimanche 22 décembre 2019, 19:44

    Y en a marre de ceux qui critiquent tout tout le temps !!!

Plus de commentaires

Aussi en France

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs