Sur les traces d’Ansu Fati, de Bissau à Barcelone

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«  Ansu Fati, joueur du Barça ! » : les gamins de banlieue de sa ville natale d’Afrique de l’Ouest, Bissau, s’étranglent de joie quand ils crient le nom de leur « héros », sur le terrain de terre ocre du quartier populaire Sao Paulo bordé d’arbres tropicaux.

C’est là qu’Anssumane Fati, né le 31 octobre 2002, a passé ses six premières années.

Là qu’il jouait en chaussettes ou sandalettes en plastique et dribblait des plus robustes que lui, raconte à l’AFP son jeune entraîneur de l’époque, Malam Romisio.

« Avant, mon équipe, c’était le Real Madrid, mais j’ai changé de camp lorsque j’ai su qu’Ansu était devenu titulaire au Barça ! », avoue-t-il, épaté que le jeune attaquant évolue depuis le 25 août en première division et soit l’auteur de trois buts en 13 matches, sous l’oeil bienveillant de la star Lionel Messi.

Une fierté pour sa Guinée-Bissau natale, petit pays d’Afrique de l’Ouest aux paysages somptueux et préservés, mais classé parmi les plus pauvres du monde et qui ne s’est jamais distingué en football.

Dans une maison de la ruelle où Ansu a grandi, son oncle paternel, Djibi Fati, le désigne sur les photos de famille, petit garçon posant en costume de fête traditionnel qu’on taquinait parce qu’« il raffolait du pain beurré ». « À chaque fois qu’il rentrait du foot, il réclamait du pain », dit-il en créole.

« Extraverti mais parlant peu »

Le père, Bori Fati, quitta Bissau pour gagner le Portugal puis l’Espagne, en quête de travail.

Dans la province andalouse de Séville (sud), il enchaîna les boulots, « travaillant sur le chantier du train à grande vitesse, récoltant les olives, ramassant les verres dans une discothèque… », énumère Amador Saavedra, qui le connut à Herrera (6.000 habitants) sans savoir alors que lui-même entraînerait un jour son fils Ansu.

« Cette histoire est belle », dit-il, à l’heure où l’extrême droite espagnole fustige les migrants, car l’actuel maire communiste du village voisin de Marinaleda (2.600 habitants) aida financièrement le père à faire venir sa famille, puis le maire socialiste d’alors à Herrera lui trouva un poste au dépotoir municipal.

À peine arrivé à Herrera, à sept ans, Ansu découvrit un terrain de foot à l’herbe toute neuve et y fit sensation, raconte son tout premier entraîneur espagnol, Jordi Figaroa : « L’écart était abyssal avec ses camarades, techniquement mais aussi tactiquement. (…) Lui, il avait tout ».

À l’Ecole de football Peloteros d’Herrera, où se forment gratuitement plusieurs milliers d’enfants des environs, le directeur José Luis Pérez a récemment revu Ansu et assure qu’« il n’a pas la grosse tête ». Il le décrit en garçon « très spontané et très joyeux », « extraverti mais parlant peu ».

« Un joueur qui invente le football »

Dès 2010, Ansu s’illustra au Séville FC avant d’être recruté en 2012 par le FC Barcelone – comme son grand frère Braima – intégrant le célèbre centre de formation de la « Masia ».

« Ansu a été parmi les plus jeunes jamais admis à la Masia », à 10 ans, relève son premier entraîneur à Barcelone, Marc Serra. C’était « le type de joueur qui invente le football », dit-il, « l’un des garçons les plus talentueux arrivés à la Masia depuis Messi ».

Après un des premiers tournois auxquels il participa, l’enfant rentra seul en train vers Séville et envoya un message à son entraîneur, disant qu’il « regrettait beaucoup d’avoir mal joué et que ça ne se reproduirait plus », rapporte M. Serra, qui conclut : « A dix ans, il était déjà mûr et exigeant envers lui-même ».

La suite est connue : Ansu Fati est devenu fin août le plus jeune joueur à marquer en Liga pour le Barça, puis le plus jeune à évoluer en Ligue des champions avec le maillot catalan. Et il a ensuite crevé l’écran en devenant le plus jeune buteur de l’histoire de la C1 moderne (depuis 1992) début décembre, contre l’Inter Milan (2-1).

Même s’il a la nationalité bissau-guinéenne, il a obtenu le passeport espagnol en septembre, sur décision du gouvernement. L’attaquant a dans la foulée connu sa première sélection avec l’équipe d’Espagne espoirs mi-octobre, avant de signer en décembre une prolongation de contrat mirifique au Barça, assortie d’une clause libératoire de 170 M EUR…

Mais pas question de prendre la grosse tête, comme l’a expliqué Bori Fati à la radio Onda Cero : « Nous autres, nous sommes travailleurs, modestes. Je dis tous les jours à Ansu : ‘C’est ça ton travail : quand tu as la balle, tu te mets face au but, tu ne regardes pas ailleurs, tu shootes’ ».

 
 
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