«Royaume-Uni je t’aime»: le numéro 2 de la Commission européenne déclare sa flamme sur fond de Brexit

«Royaume-Uni je t’aime»: le numéro 2 de la Commission européenne déclare sa flamme sur fond de Brexit
Reuters

Le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans a écrit jeudi une lettre d’amour au Royaume-Uni, ponctuée d’une promesse d’accueil chaleureux si le pays décidait un jour de revenir dans l’Union européenne. « Je te connais », écrit le Néerlandais de 58 ans dans « The Guardian », après avoir rappelé son parcours de vie et l’immersion culturelle britannique dans laquelle ont baigné ses jeunes années, notamment au collège britannique Saint George à Rome.

« Et je t’aime. Pour qui tu es et ce que tu m’as donné. Je suis comme un vieil amant. Je connais tes forces et tes faiblesses. Je sais que tu peux être généreux mais pingre aussi. Je sais que tu te crois unique et différent. Et bien sûr, tu l’es à bien des égards, mais peut-être moins que tu ne le penses », affirme le « numéro deux » de la Commission européenne, à un peu plus d’un mois du Brexit programmé le 31 janvier prochain, après trois reports.

« Tu ne cesseras jamais de nous qualifier de ‘continent’. Cela t’aide à créer cette distance dont tu penses avoir besoin. Mais cela t’empêche également de voir que nous avons tous besoin d’un peu de distance entre nous. Toutes les nations européennes sont uniques. Nos différences sont source d’admiration, de surprise, d’inconfort, d’incompréhension, de ridicule, de caricature et, oui, d’amour », développe Frans Timmermans.

Il déplore à mi-mots la désinformation du peuple britannique sur l’Union européenne. Dans le pire des cas d’une relation de couple, dit-il, « nos différences sont manipulées pour instiller la peur, propager la supériorité, opposer un membre de la famille à l’autre. Les choses deviennent alors rapidement incontrôlables. »

« Je me suis senti profondément blessé »

S’il déplore le Brexit, il dit en respecter la décision, traduite dans le référendum de 2016 qui avait donné une majorité de 52 % aux partisans du divorce. « Tant de peines inutiles t’ont été causées dans ce processus, ainsi qu’à nous tous. Et je crains que d’autres ne suivent », prédit Frans Timmermans, alors que Londres et Bruxelles devront, après le Brexit, encore négocier leurs relations futures, notamment commerciales.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déjà prévenu que la période de transition, prévue jusqu’à fin 2020 pour négocier cette relation, et pendant laquelle le Royaume-Uni restera membre de l’union douanière et du marché intérieur sans toutefois participer au processus décisionnel de l’UE, ne sera pas prolongée. Elle a pourtant été jugée fort courte par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et le négociateur du Brexit pour l’Union européenne, Michel Barnier.

Des affrontements sont attendus sur l’accès aux eaux britanniques pour les flottes de pêche européennes ainsi que sur la demande européenne que le Royaume-Uni respecte les règles environnementales, sociales et fiscales de l’UE en contrepartie d’un libre-échange commercial sur les biens, note The Guardian.

« À vrai dire, je me suis senti profondément blessé lorsque tu as décidé de partir. Trois ans plus tard, je suis juste triste qu’un membre de notre famille veuille rompre nos liens. Mais en même temps, je trouve réconfortant de penser que les liens familiaux ne peuvent jamais vraiment être rompus. Nous ne nous quittons pas et tu seras toujours bienvenu pour revenir », ponctue Frans Timmermans.

 
 
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