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Les gares pharaoniques, c’est terminé !

Fini les cathédrales ferroviaires, selon la ministre Galant. Elle veut une révision budgétaire systématique des grands projets pour servir les petits.

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 3 min

Si les villes veulent des belles gares, elles n’ont qu’à mettre la main au portefeuille ! En substance, c’est la vision de la ministre de tutelle de la SNCB, la MR Jacqueline Galant. En réponse à une interpellation de Marcel Cheron (Écolo), la ministre de la Mobilité explique aux élus que « si certaines régions ou certaines villes veulent, dans le futur, faire de leur gare de véritables œuvres d’art, des cathédrales du XXIe siècle ou de méga shopping centers, elles devront davantage compter sur leurs capacités de les cofinancer plutôt que sur leur relais politique au sein des entreprises publiques. »

Le député Écolo s’en réjouit : «  J ’espère que le temps des gares pharaoniques est terminé ! Priorité aux investissements qui profitent directement aux voyageurs et aux navetteurs (ponctualité, fréquence et confort) . »

Une véritable révolution

Il s’agit d’une véritable révolution dans la stratégie développée depuis des années par la SNCB (-Holding, jusqu’au début 2014). Chargée de valoriser le patrimoine de la SNCB, un des plus gros propriétaires fonciers du pays, celle-ci cherche à « optimaliser » les terrains qu’elle possède près des gares. La rénovation de celles-ci étant la carte de visite, « vendue » comme un véritable nœud social et commercial au cœur des villes. Parkings, bureaux, logements en forment dorénavant un complément urbain bienvenu.

Et généralement très rentable. « Je peux comprendre qu’une nouvelle gare soit aussi l’occasion pour une commune, une ville ou une région de réaliser une opération de valorisation patrimoniale, de participer à la relance d’activités socio-économiques ou parfois, d’être le cœur du développement économique. Mais dans un contexte budgétaire d’économies couplé à la volonté d’augmenter la qualité du service orienté avant tout vers le client, je souhaite que la SNCB et Infrabel puissent continuer à rénover un maximum de gares, sans orienter de très, parfois de trop, grands montants d’investissements vers ces quelques projets pharaoniques au détriment de petites gares ou points d’arrêt. »

Concrètement, cette annonce s’inscrit également dans le « ménage » que la ministre Galant a affirmé vouloir mener dans les filiales gravitant autour de la SNCB, principalement les trois filiales liées au développement des gares et alentours.

« La SNCB doit poursuivre ses politiques de rénovation »

En prolongement de sa réponse au député Écolo, la ministre a également joint une série de fiches détaillant les budgets en jeu pour les gares de Namur (108.654 passagers montant par semaine en 2014, 32 millions), Ottignies (104.704 voyageurs/semaine, 132,9 millions), Mons (51.604 voyageurs, 253,7 millions), Courtrai (61.064, 136,3 millions), Ostende (47.162, 154 millions), Malines (105.854 voyageurs/semaine, 468 millions, dont 331 à charge du groupe SNCB). Au total, plus d’un milliard d’investissements à charge des chemins de fer.

« Concrètement, la SNCB et Infrabel doivent poursuivre leur politique de rénovation des gares de notre pays, en se concentrant avant tout sur leurs missions de services publics. Les gares doivent être pratiques et propres. Elles doivent être accessibles à toutes les personnes, notamment aux personnes à mobilité réduite. »

Comme le reste de sa stratégie, la ministre Galant devrait traduire sa réforme des projets de gare dans son plan stratégique, la version revisitée du plan d’investissement et les contrats de gestion qui doivent succéder aux contrats 2008-2012. Autant d’élément que le monde ferroviaire attend avec impatience.

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