Le général Soleimani tué sur ordre de Trump en Irak: un homme-clé iranien redouté

Le général Soleimani tué sur ordre de Trump en Irak: un homme-clé iranien redouté

Le puissant général Qassem Soleimani, tué vendredi à Bagdad dans un bombardement américain, était l’un des personnages les plus populaires d’Iran.

Pour ses partisans comme pour ses détracteurs, Soleimani, qui a joué un rôle important dans le combat contre les forces jihadistes, est l’homme clé de l’influence iranienne au Moyen-Orient où il a renforcé le poids diplomatique de Téhéran, notamment en Irak et en Syrie, deux pays où les Etats-Unis sont engagés militairement.

«Pour les chiites du Moyen-Orient, c’est un mélange de James Bond, Erwin Rommel et Lady Gaga», écrivait l’ancien analyste de la CIA Kenneth Pollack dans son portrait de Soleimani pour le numéro du magazine américain Time consacré aux 100 personnalités les plus influentes du monde en 2017. Cet homme de 62 ans à la barbe poivre et sel était aussi devenu ces dernières années une véritable star en Iran avec de très nombreux followers sur son compte Instagram. «Pour l’Occident, il est (...) responsable d’avoir exporté la révolution islamique de l’Iran, de soutenir les terroristes (...) de mener les guerres de l’Iran à l’étranger», écrivait encore l’ancien analyste de la CIA Kenneth Pollack.

En Iran, plongé dans le marasme économique, certains lui avaient suggéré de se lancer sur la scène politique locale. Mais le général iranien avait tenu à rejeter les rumeurs selon lesquelles il aurait pu se présenter à l’élection présidentielle de 2021.

Homme-clé

L’homme a déployé notamment ses talents dans l’Irak voisin. A chaque développement politique ou militaire dans ce pays, il a fait le déplacement, pour agir en coulisses et, surtout, en amont.Percée du groupe Etat islamique (EI), référendum d’indépendance au Kurdistan ou aujourd’hui formation d’un gouvernement... A chaque fois, il a rencontré les différentes parties irakiennes et défini la ligne à tenir, affirment différentes sources qui ont assisté à ces réunions, toujours tenues dans le plus grand secret.

«Mes interlocuteurs iraniens étaient très clairs sur le fait que même s’ils informaient le ministère des Affaires étrangères, au bout du compte c’était le général Soleimani qui prendrait les décisions», confiait en 2013 à la BBC Ryan Crocker, un ex-ambassadeur américain en Afghanistan et en Irak.

Après être resté dans les coulisses pendant des décennies, Soleimani a commencé à faire la Une des médias après le début du conflit en Syrie en 2011, où l’Iran, poids lourd chiite de la région, apporte une aide précieuse au régime de Bachar al-Assad. Il est ainsi apparu sur des photos sur le champ de bataille, dans des documentaires et a même été représenté dans un film d’animation et une vidéo musicale.

Ce haut commandant des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, avait également raconté avoir passé au Liban — avec le Hezbollah chiite libanais — l’essentiel du conflit israélo-libanais de l’été 2006.

A l’étranger, certains dirigeants occidentaux le voyait comme un personnage central dans les relations de Téhéran avec des groupes comme le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.

 
 
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