Règles d’accueil des migrants durcies: «Ce n’est pas le rôle des familles de remplacer l’aide matérielle», réagit Mehdi Kassou

Règles d’accueil des migrants durcies: «Ce n’est pas le rôle des familles de remplacer l’aide matérielle», réagit Mehdi Kassou

En pleine crise de l’accueil, la ministre en charge de l’Asile et de la Migration vient d’envoyer instruction à ses administrations : les groupes de demandeurs d’asile abusant de la procédure seront désormais exclus de l’accueil. La mesure – qui ne concerne pas les personnes déjà bénéficiaires – prévoit ainsi de refuser l’accès aux centres à deux catégories spécifiques de requérants : les personnes bénéficiant déjà d’une protection dans un autre pays et celles qui ont contourné la procédure Dublin, qui prévoit que les demandes d’asile sont gérées par le pays d’entrée en Europe.

La mesure devrait impacter les migrants en transit et certains hébergeurs. La stratégie consistant à « casser Dublin » moyennant 6 mois d’attente en Belgique est proposée comme troisième voie à des migrants en transit ou en errance souhaitant finalement entrer dans le système. Une façon de sortir de l’impasse « je ne peux pas retourner en Italie, la seule issue c’est l’Angleterre ». Des familles qui assurent un hébergement de quelques mois, le temps que la personne puisse rejoindre un centre d’accueil, devraient désormais s’engager sur toute la durée de procédure. « Ce n’est pas leur rôle », s’agace Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme citoyenne. « L’hébergement citoyen répond à une prise en charge déficitaire et lacunaire, il n’a pas pour but de s’installer dans la durée, certainement pas de remplacer l’aide matériel. »

« On fait semblant que les migrants en transit ont le choix de demander l’asile en Belgique, alors que ce n’est pas le cas. Comment on va faire maintenant pour les convaincre si on doit leur expliquer que s’ils décident de rester, ils perdent l’accès à l’aide matérielle ? » Et de s’interroger sur la légalité de la mesure : « Lorsque Dublin ne s’applique plus, on considère toujours qu’il s’agit d’une première demande, ce qui induit un droit à l’aide matérielle. »

 
 
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