Armand Marchant: «J’ai fait la manche que je voulais sortir depuis plusieurs semaines»

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Il y a des moments qui comptent plus que d’autres dans une carrière. Celle d’Armand Marchant a pris un tour à la fois inattendu et merveilleux, ce dimanche, à Zagreb, où il a réussi l’improbable exploit de se hisser à la 5e place de la manche de Coupe du monde de slalom qui s’y tenait, égalant ainsi le meilleur résultat jamais obtenu par un skieur belge à ce niveau. En 1981, à Sankt Anton, en Autriche, Henri Mollin avait, lui aussi, fini 5e en combiné. La victoire, en Croatie, est revenue au Français Clément Noël, le nouveau leader de la Coupe du monde de la spécialité, qui a devancé le Suisse Ramon Zenhaeusern de 7 centièmes et l’Italien Alex Vinatzer de 29 centièmes. Marchant, lui, n’a terminé qu’à 49 centièmes du vainqueur… et à 20 centièmes du podium. Incroyable !

Après sa 28e place à Levi, en Finlande, en novembre, et sa 18e place, le mois dernier, à Val-d’Isère, le skieur de Thimister a ainsi poursuivi son ascension dans cette saison de Coupe du monde qui est celle de sa renaissance après plus de deux ans et demi d’absence suite à sa grave blessure au genou survenue en janvier 2017 à Adelboden, qui avait nécessité pas moins de sept opérations au fil des mois. Vingtième de la première manche, après être parti avec l’ingrat dossard nº 40, à 1 sec 48 de Zenhaeusern, il a « lâché les chevaux » lors du deuxième « run » au cours duquel il a largement réussi le meilleur temps, ce qui lui a permis de s’asseoir, un peu incrédule et franchement hilare, pendant une bonne partie de l’épreuve dans le fauteuil réservé au leader, dans la zone d’arrivée.

« J’ai enfin fait la manche que je voulais sortir depuis plusieurs semaines ! », se réjouit-il. « Je me suis dit, après la première qui avait été hyperserrée, que ce n’est pas en terminant 24e ou 25e que j’allais évoluer. Le tracé me convenait pas mal du tout et je savais que c’était le moment de montrer à tout le monde ce que je valais ! Quand j’ai franchi la ligne et que j’ai vu que j’avais “allumé du vert” (la couleur correspondant au meilleur temps, NDLR), j’ai explosé de joie. C’était la première fois que ça m’arrivait. Et comme des gros bras comme l’Autrichien Marco Schwarz ou le Norvégien Henrik Kristoffersen étaient passés avant moi, je me doutais que c’était un gros chrono. Ce n’est pas pour rien que j’ai gagné la manche ! Pouvoir s’installer dans le fauteuil de leader, cela veut dire qu’on a fait le boulot. Après, il y a un peu de pression quand on voit les autres arriver, qu’ils font un moins bon résultat que vous et que l’on reste devant. Finalement, il y en a quatre qui m’ont devancé, mais on ne peut pas tout avoir du premier coup. »

A 22 ans, Marchant n’en est forcément qu’au début d’une carrière qui s’annonce plus que jamais prometteuse. Une carrière, on l’a dit, qu’il a été contraint de mettre entre parenthèses pendant près de 1.000 jours entre le moment de sa blessure et sa première compétition, cet été, lors d’une tournée en Nouvelle-Zélande et en Australie.

Pas question de trop s’emballer

« Ce résultat d’aujourd’hui, c’est le travail de toute une équipe, ce sont plus de deux années de galère récompensées », indique-t-il. « On parle ici du tout haut niveau, dans une discipline, le slalom, où tout va très vite et où on n’a trop pas le temps de respirer. »

Maintenant, qu’il y a goûté, Armand Marchant n’a qu’une seule envie : recommencer. En un mois, il va enchaîner six slaloms de Coupe du monde à Madonna Di Campiglio (Italie, 8 janvier), Adelboden (Suisse, 12 janvier), Wengen (Suisse, 19 janvier), Kitzbuehel (Autriche, 26 janvier), Schladming (Autriche, 28 janvier) et Chamonix (France, 9 février). Une Coupe du monde de slalom où il a gagné 11 places avec son résultat de ce dimanche, pour se retrouver désormais 13e au général.

« J’espère désormais réussir deux bonnes manches dans une épreuve, mais, pour cela, il faut un bon dossard car tout est très serré et la piste “bouge” beaucoup et désavantage ceux qui partent trop loin derrière », explique-t-il. « Pour Madonna, j’espère en gagner une dizaine et me retrouver aux alentours du nº30, mais, pour jouer la victoire, il faut entrer dans les 15… »

Pas question, toutefois, de trop s’emballer. Après le début de carrière qu’il a connu, il a appris la patience.

« L’objectif, c’est de refaire de bonnes manches comme la deuxième de Zagreb et de trouver la régularité. Je le dis depuis que j’ai repris la compétition : l’idée, c’est de reconstruire petit à petit ! »

Même si parfois, comme ce week-end, il y a de brusques et délicieuses accélérations.

 
 
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