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USA-Iran: pas un grand crime, mais une grande faute

Ceux qui aujourd’hui applaudissent la liquidation du général iranien Qassem Soleimani sont les mêmes qui, jadis, applaudirent la seconde expédition militaire en Irak, l’occupation de l’Afghanistan par les armées de l’Otan et l’intervention militaire en Libye. Cela n’a rien de rassurant...

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Chroniqueur Temps de lecture: 3 min

C’est presque un cas d’école. Le régime iranien des mollahs traversait la pire crise qu’il ait connue.

Il était contesté sur tous les fronts intérieurs et extérieurs. Une vaste révolte sociale en Iran même. Des manifestations de masse en Irak en partie dirigées contre l’emprise iranienne sur le pays. Et un début d’émancipation de la communauté chiite libanaise par rapport au Hezbollah pro-iranien.

Que pouvait souhaiter le pouvoir de Téhéran pour s’en sortir ? Ce qu’il pouvait souhaiter, Donald Trump l’a fait : lui permettre de transformer ses redoutables affaissements en un rebond exacerbé de nationalisme ethnico-religieux.

Pas de scandale moral

Comment ? En liquidant l’homme (en même temps que certains de ses proches) qui incarnait pour des millions de chiites l’honneur sinon la gloire de leur communauté.

Acte de terrorisme international patent mais qui ne constitue pas, a priori, un scandale moral : le général Qassem Soleimani coordonnait, en effet, en Irak, en Syrie, au Liban, une guerre anti-occidentale larvée qui avait fait des centaines de victimes américaines. Il faisait tuer. Il a été tué. Liquidation contre liquidation.

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22 Commentaires

  • Posté par heuker harlan , mardi 7 janvier 2020, 17:54

    Pas un grand crime , cette affirmation est dérangeant je trouve ,ce n'était qu'un petit crime ,bien sur nous connaissons le personnage et les gens autour , assassinés comme ça , SARAJEVO c'était un petit crime avec même certains événements burlesques ......et le début d'une boucherie appelée la PREMIÈRE GUERRE MONDIALE 1914-1918

  • Posté par Pasque Roger, mardi 7 janvier 2020, 15:29

    En fait ce sont deux théocraties qui s’affrontent. Les USA gouverné par l’alliance du business ( du moins une grande partie ) et des fanatiques religieux évangélistes dont le niveau de délire vaut bien celui des islamistes les plus bornés et l’Iran, terre sinon berceau du chiisme, mais qui n’a rien à voir ni de près ni de loin avec les sanglantes initiatives - telles Al Qaesa ou les Talibans sans parler de cet état islamique qui a fait trembler l’Occident avec trois fois rien - financées indirectement par le Qatar ou l’Arabie Saoudite. Au contraire, l’Iran a fourni des combattants pour éradiquer l’état islamique qui ne survit qu’a l’état endémique dans des zones difficiles d’accès de la Syrie ou de l’Irak ou encore pour liquider de pseudo combattants islamistes qui sont en train de perdre leurs derniers territoires à Idlib écrasés sous les bombes russo-syriennes. Il faut dire que la manière qu’a Trump de traiter ses alliés – même momentanés – a de quoi surprendre et les premiers dans la région à en avoir fait l’expérience sont les Kurdes abandonnés à la vengeance des Turcs, Kurdes qui eurent le tort de croire aux promesses d’un parjure à moitié gangster que les Américains qui ne sont pas à une excentricité près s’apprêtent à probablement réélire. Le résultat des courses : un soi-disant démiurge et grand stratège liquidé et déjà remplacé et une impopularité des USA croissant de manière exponentielle en Irak où il est juste de dire qu’ils ne furent jamais vraiment appréciés même si les factions se disputant un pouvoir évanescent ont su jouer de leur appui.

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, mardi 7 janvier 2020, 18:10

    En ce qui concerne la facilité avec laquelle le "grand général" sera rapidement remplacé par aussi "efficace" que lui, tout le monde n'est pas de votre avis: https://www.jpost.com/Middle-East/Iran-News/It-will-take-time-to-fill-Qasem-Soleimanis-shoes-Yaakov-Amidror-said-613407 En ce qui concerne le lachage (partiel pour l'instant) des Kurdes de Syrie, ce n'était effectivement pas très "brillant" de la part du president US, mais le choix alternatif était de frapper les forces Turques qui rongeaient leur frein aux frontières nord de la Syrie depuis de nombreux mois... Qu'aurait-on reproché au president Trump s'il avait pris cette option ? Attaquer un membre de l'OTAN, même si ce pays n'y a clairement plus rien à y faire... Le seul et vrai responsable du massacre réçent de nombreux Kurdes syriens, et du nouveau déplacement massif de population vers l'intérieur du territoire est le "petit sultan ottoman" obsédé par sa haine des Kurdes ; pas le président Trump. On peut juste reprocher à ce dernier de n'avoir pas été "ferme" et "clair" avec le satrape assoifé de sang kurde. Ce n'est évidemment pas un point fort de Donald Trump. Malheureusement.

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, mardi 7 janvier 2020, 12:09

    Cher Monsieur Bigdeli, Faut-il absolument avoir vécu dans un pays ou une région du monde pour avoir le 'droit' de s'intéresser à la situation géopolitique qui y prévaut ? J'admet bien sûr que le fait d'avoir vécu une situation sur place apporte un éclairage supplémentaire ; qu'il soit moins biaisé est une toute autre histoire. On peut aussi s'informer en profondeur, et surtout sur la durée, en piochant les différentes sources d'informations disponibles, sans à priori particulier (il existe une multitude de sites d'informations journalistiques de tous bords ou de "blogs" de particuliers, en français ou en anglais - j'admet ne pas comprendre le farsi - que ce soit en Belgique, en France, en Allemagne, en Italie, aux UK, aux US, au Canada, en Australie, en Israël, au Liban, même en Irak, etc.) qui permettent de se faire une opinion 'la plus équilibrée' possible. Pour ma part, j'ai eu l'occasion (la chance?) de cotoyer lors de mes études supérieures, un certain nombres de jeunes iranien(ne)s dont les parents (de la classe moyenne, et pas particulièrement 'pro-Shah') avaient décidé de fuir l'Iran lors de la prise du pouvoir fin des années 70, par Khomeini et ses gardiens de la révolution, alors qu'ils ne l'avaient pas fait auparavant sous le régime précédent. Leurs avis et nouvelles d'Iran échangés pendant cinq ans étaient plus que passionnants à partager, et sont certainement en grande partie à l'origine d'une 'passion' pour la géopolitique, et de mon intérêt pour cette région, dont l'Iran tout particulièrement. Quant à la situation catastrophique bien réelle de la population iranienne actuelle, je l'attribue pour ma part, bien plus aux 'milliards de dollars' (peu importe dans quelles devises ils sont dépensés) que le régime des mollahs (Pasdarans, force Al Qods) consacre (gaspille) aux soutiens divers en armements et en personnels au profit de leurs 'milices suppléantes' ou des 'régimes libres amis' (Bis repetita: Hezbollah libanais, milices chiites diverses en Syrie et en Irak, 'rebelles' Houtis au Yemen, régime des Al Assad en Syrie), au lieu d'utiliser ces 'sommes faramineuses' pour assurer le bien-être de leur propre population... A l'époque d'Obama et de l'accord sur le nucléaire (tant regretté par certains), les sommes considérables récupérées ont été immédiatement réinvesties dans des 'actions nuisibles' à l'extérieur de l'Iran... Comme par hasard, la révolte 'Houthis' au Yemen notamment, a été particulièrement 'boostée'. Enfin, concernant le soutien populaire au régime, je ne pense pas que les centaines de milliers de 'fanatiques chiites' qui manifestent, pleurent et vocifèrent dans les rues des villes iranniennes représentent la majorité des 80.000.000 d'iraniens. C'est toujours le même problème avec ce genre de manifestations de masse : on ne voit que la présence massives des extrémistes qui soutiennent un régime quelconque, et absolument pas ce que pensent la majorité silencieuse qui elle n'a aucun droit à faire valoir son avis...

  • Posté par stals jean, jeudi 9 janvier 2020, 16:46

    Excellent commentaire. Si Jean-François Kahn avait l'occasion de le lire, il pourrait bien se dire que face à pareil lecteur commentateur, les chroniqueurs des deux sexes du quotidien Le Soir, dont il fait partie, ont grand intérêt à bien connaître le sujet qu'ils qu'elles s’apprêtent à proposer en vue de sa publication.

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