ISPPC: le faux ingénieur, toujours en fonction, plaide le complot

Le faux ingénieur directeur à l’ISPPC est toujours en fonction.
Le faux ingénieur directeur à l’ISPPC est toujours en fonction. - Belga

À l’Intercommunale de Santé Publique du Pays de Charleroi (ISPPC), c’est une défense un peu particulière qu’a choisi d’adopter le directeur suspect d’avoir commis un faux en écriture pour usurper le titre protégé d’ingénieur, et accéder ainsi à une échelle barémique supérieure -et indue.

Comme cela a été rapporté en conseil d’administration lundi soir, l’ancien responsable des régies techniques se présente comme la victime d’un complot. Il ne serait pas l’auteur du faux diplôme d’ingénieur industriel retrouvé dans son propre dossier d’embauche. Un tiers malveillant l’y aurait glissé à son insu, afin de lui nuire. La thèse d’un « deuxième homme » donc.

Quel mobile ?

Cette explication vise à semer le trouble dans l’esprit des administrateurs, à présent que la falsification du diplôme a été établie. Fin décembre, le député provincial en charge de l’Enseignement Supérieur Éric Massin (PS) avait en effet confirmé publiquement que le nom de l’intéressé ne figurait dans aucune liste de titulaires. Ce qu’avant lui, le président de l’association des Ingénieurs Industriels du Hainaut avait fait. En outre, des éléments concrets viennent mettre à mal la stratégie de défense : la non-concordance du CV présenté lors du recrutement par exemple. Et l’absence de mobile : pourquoi et qui en voudrait à ce point à l’ancien responsable des régies ?

Toujours en fonction

Si l’on s’oriente vers un licenciement, l’ISPPC veut bétonner juridiquement la décision qui sera prise. Cela lui impose de respecter une procédure administrative et légale contraignante : tout doit être fait dans les règles, sous peine de contestation devant un tribunal. Si la ligne de défense adoptée ne manque pas de questionner la protection des données personnelles des travailleurs de l’institution, l’affaire pourrait connaître des prolongements judiciaires au pénal vu qu’elle a été mise à l’information par le parquet de Charleroi. Il n’en reste pas moins que plus de six semaines après la mise à jour des premières suspicions de faux, le directeur est toujours en fonction, payé comme tel, avec les avantages liés à son statut : une voiture et une assurance groupe, le tout financé avec l’argent public des Carolos. À l’ISPPC, la confiance est rompue : l’entreprise entend mettre un terme au plus vite à la situation, selon des membres du bureau exécutif. Les choses ne traîneront pas.

 
 
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