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Salon CES à Las Vegas - Les sociétés flamandes partagées sur l'absence d'un stand comme celui de l'Awex au CES

Outre les entreprises wallonnes regroupées sur le stand de l'Agence wallonne aux exportations et aux investissements étrangers (Awex), plusieurs sociétés flamandes ont également fait le déplacement jusqu'au salon de l'électronique CES à Las Vegas. Elles y sont cependant venues de manière individuelle. Elles se montraient partagées quant à l'absence sur place d'un stand de l'agence régionale flamande pour le commerce (Flanders Investment & Trade - FIT).
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Il y a trois ans déjà que l'Awex a fait le pari de venir dans la capitale américaine du jeu et d'y investir dans deux stands, l'un pour les start-ups, l'autre pour les PME, qui regroupent les entreprises du sud du pays. Elle espérait que son mouvement soit suivi par ses homologues bruxelloise et flamande mais, trois ans plus tard, il n'en est toujours rien. Malgré cela, elle a d'ores et déjà resigné pour l'an prochain.

Les sociétés du nord du pays doivent donc venir de manière individuelle au CES si elles veulent pouvoir faire étalage de leur savoir-faire. Elles sont six à l'avoir fait cette année. La plupart sont de jeunes start-ups, qui ont consenti à un investissement financier important pour être de la partie.

Il y a par exemple Monoa, basée à Termonde, qui a développé un traceur d'activités permettant de transformer chaque montre et bracelet en un appareil intelligent mesurant le stress, afin d'augmenter le bien-être. Elle en est à son premier CES et cherche à y débusquer des investisseurs afin de pouvoir lancer la production de son produit. Elle a d'ailleurs initié sur place de nombreux contacts.

Même si elle peut obtenir des subsides de FIT, la jeune structure regrette beaucoup l'absence de l'agence flamande. "Les projets innovants ne sont pas assez soutenus en Flandre. Cela coûte beaucoup d'argent de développer son business. Et parfois on se demande s'il ne serait pas mieux de déménager en Wallonie, où il existe un vrai soutien des entreprises", confie son fondateur Stijn Bogaerts. Il dit hésiter à revenir l'an prochain vu le coût de son très petit stand.

Du côté d'Arranged, une société de Bilzen ayant développé un concept de scanner de dés numérique, on dit aussi ne pas comprendre l'absence de FIT. "Peut-être n'y a-t-il pas assez d'intérêt au nord du pays pour justifier un stand de groupe?", suggère Joris Vaes, qui en est à son premier CES. "Mais nous n'avons pas besoin absolument d'eux. S'il le faut, nous pouvons venir seuls, comme cette année."

Un stand groupé réunissant des start-ups, comme l'un de ceux de l'Awex, ne semble pas non plus correspondre à ses besoins. "Pour un produit fini, je pense qu'il est mieux d'avoir son propre espace, qui doit en outre être assez grand", estime-t-il. Même si celui-ci a coûté plusieurs milliers d'euros, Joris Vaes est prêt à rééditer l'expérience dans douze mois, lui qui cherche des investisseurs et partenaires et voudrait commercialiser son produit en 2022. Et puis, FIT accorde des subsides pour ce type d'événement, ce qui peut faire baisser la facture, reconnait-il.

En outre, il y a les entreprises qui n'ont absolument pas/plus besoin de l'agence flamande au commerce extérieur. A l'image de Xenomatix, qui fabrique des capteurs lidars. Employant trente personnes et basée à Louvain, cette start-up est la seule en Belgique active dans ce domaine. Et son business a des applications multiples: les radars, les équipementiers de voitures ou encore la construction de routes, explique Kris De Meester, un de ses responsables.

S'il y a trois ans, lors de son premier CES, elle n'aurait pas dit non à un stand groupé, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Elle préfère de loin son espace individuel, certes cher (entre 8.500 et 9.000 euros), mais idéalement placé dans un hall consacré au secteur automobile et aux applications infinies qui y sont liées. Elle avait fait appel aux subsides de FIT l'an dernier mais ce ne sera pas le cas cette fois.

Xenomatix reviendra à coup sûr à Las Vegas en 2021, ayant croisé de nombreuses entreprises intéressées par ses solutions, principalement nord-américaines. L'essentiel de son business se fait d'ailleurs aujourd'hui aux Etats-Unis mais aussi au Japon et bientôt en Chine. En Europe, la société louvaniste est surtout active auprès des équipementiers de voitures.

Autre entreprise qui réédite l'expérience du CES depuis trois ans déjà, l'Institut de microélectronique et composants (Imec), lui aussi basé à Louvain, et qui a bien dépassé le statut de start-up. Cet institut de recherche inter-universitaire en microélectronique et nanotechnologies emploie en effet plus de 3.500 personnes. Il n'a donc plus besoin de FIT. "Toutes les approches ont du sens: être en groupe apporte beaucoup de visibilité", concède son vice-président Chris Van Hoof. "Mais les stands individuels permettent d'engager des discussions approfondies."

L'investissement financier est conséquent et l'entreprise s'interroge donc chaque année sur sa présence, examine avec attention les produits qu'elle va y exposer et décide ou non de la renouveler. Ce qu'elle fait chaque fois. "Il n'y a jamais de moment calme sur notre stand", illustre Chris Van Hoof. De nombreux contacts avec des sociétés étrangères intéressées sont d'ores et déjà prévus après le salon de Las Vegas.

 

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