Coalition fédérale: les réactions sont contrastées après les fuites de la note Bouchez-Coens

Georges-Louis Bouchez (à gauche) et Joachim Coens
Georges-Louis Bouchez (à gauche) et Joachim Coens - Belga

Les appréciations variaient jeudi après les fuites dans la presse sur le contenu de la note des informateurs Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V). Du côté francophone, l’heure était plutôt à la discrétion. En revanche, dans les rangs flamands, tant à l’Open VLD qu’à la N-VA, l’on estime que cette note va dans la bonne direction.

Les nationalistes et libéraux flamands ont accueilli positivement un travail qui a le mérite, à leurs yeux, de s’écarter de celui de l’informateur précédent, Paul Magnette (PS). Un document que la N-VA avait même qualifié de « bouillie arc-en-ciel » dont il faudrait se « laver la bouche avec un solide dentifrice flamand ».

Les nationalistes estiment que c’est désormais au PS de se prononcer. Les socialistes francophones n’ont pas réagi publiquement. Il n’y a pas encore de note définitive (ladite note n’a d’ailleurs fait l’objet que d’une présentation verbale), a rappelé le député PS André Flahaut, et des réunions doivent encore avoir lieu vendredi et ce week-end avant le rapport des informateurs au Roi prévu lundi.

En coulisses toutefois, certains pestent contre une note « imbuvable », qui abandonne les avancées sociales et éthiques issues des consultations de M. Magnette. La FGTB a d’ailleurs mis en garde aussi bien les socialistes que les écologistes contre des propositions qui s’inscrivent, à l’entendre, dans la continuité d’une coalition suédoise sanctionnée le 26 mai. Et au SP.A, on a rappelé que le relèvement de la pension minimum à 1.500 euros, absent de la note, était l’exigence numéro 1.

« Il y a encore beaucoup de boulot ! »

Du côté des Verts, le ton était beaucoup plus nuancé. La note, habituellement présentée comme de centre-droite, n’est pas ce que certains en disent, a assuré M. Calvo, selon qui les informations ne sont pas toujours correctes. Le CDH se garde lui aussi de tout jugement définitif. « Il y a des choses positives, d’autres problématiques. Il y a encore beaucoup de boulot ! », a tweeté la cheffe de groupe à la Chambre, Catherine Fonck.

M. Bouchez a sévèrement condamné les fuites dans la presse. « Est-ce vraiment sérieux de commenter une note que l’on n’a pas lue ? Est-ce responsable de faire circuler, de manière anonyme, des informations inexactes et des jugements lapidaires ? L’urgence pour notre pays requiert du calme, de la discrétion et du travail constructif », a réagi le président du MR sur son compte Twitter.

Les informateurs sont attendus lundi au Palais royal pour faire rapport de leur mission d’information au chef de l’État. D’ici là, ils pourraient organiser une réunion non plus avec les dix partis toujours en lice mais avec ceux qu’ils retiennent pour entamer une négociation en vue de former un gouvernement, apprenait-on à bonne source.

Ces derniers jours, des voix se sont fait entendre dans le monde politique et dans les milieux économiques pour dire qu’il était temps d’accélérer le tempo. La mission d’information de MM. Bouchez et Coens est la troisième du genre après celles de MM. Reynders et Vande Lanotte et de M. Magnette. Il serait donc logique d’entrer dans une phase de préformation voire de formation.

 
 
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