Non, RTL et la RTBF n’ont pas interviewé Salah Abdeslam au lendemain des attentats de Paris (vidéo)

Non, RTL et la RTBF n’ont pas interviewé Salah Abdeslam au lendemain des attentats de Paris (vidéo)

Dans son édition de vendredi, « Le Parisien » révèle des extraits de conversations édifiantes tenues entre Salah Abdeslam et ses codétenus alors qu’il était à la prison de Bruges au printemps 2016. Ces enregistrements, effectués par la Sûreté de l’État à son insu, font état de propos entre le principal suspect encore en vie des attentats terroristes qui ont frappé Paris le 13 novembre 2015 et deux des codétenus, Mohammed Bakkali, lui aussi soupçonné d’être impliqué dans ces attentats, et Mehdi Nemouche, auteur de l’attentat au Musée juif de Bruxelles.

Salah Abdeslam aurait ainsi raconté son parcours le soir des faits. Parmi les « anecdotes », une paraît pour le moins rocambolesque. Il affirme en effet avoir été interviewé par « une équipe de télévision belge », quelques heures après les attaques, alors qu’il était coincé dans les barrages à la frontière franco-belge. Il confie alors ceci : « Elle (la journaliste) me dit : “Vous trouvez normal qu’il y ait des barrages comme ça ?” J’ai dit : “Oui, c’est normal vu les circonstances, il faut bien renforcer les barrages, hein ! J’étais à l’arrière (de la voiture) ».

Une autre personne avec les mêmes propos

Alors qu’en France, cette histoire a fait le tour des réseaux sociaux et des sites de presse, du côté des médias audiovisuels belges, on se dit plutôt perplexes. « Le 14 novembre, un seul journaliste télé David Brichard était sur place », relève Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’Information à la RTBF. Exit, donc, la piste « d’une » journaliste, évoquée par Salah Abdeslam. « Faux », renchérit Laurent Haulotte, son homologue à RTL, qui semble avoir débusqué ce qui apparaît comme une affabulation du suspect : « On a retrouvé, dans une des interviews réalisées à la frontière ce jour-là, un témoin qui dit exactement ce que Salah prétend avoir dit à notre journaliste. » Sauf que ce n’est pas Abdeslam qui parle… « Il a dû l’entendre chez nous et faire croire que c’était lui ».

Fake news, donc ?

Peut-être pas. En effet sur le site de la RTBF, on retrouve un article basé sur le reportage radio de la journaliste Charlotte Legrand. Elle était bel et bien en reportage, ce samedi 14 novembre au petit matin, à la frontière française au barrage de Hensies. Parmi les divers témoignages qu’elle recueille, on retrouve celui-ci : « Un peu plus tard, trois Bruxellois se prêtent aux contrôles. Ils sont de type maghrébin, « et on n’a échappé à aucun contrôle ! Trois déjà depuis Paris, c’est un peu abuser » nous dit le conducteur. Ils ont passé la nuit à Barbès, un quartier nord de Paris. Ils ont appris la nouvelle des attentats au petit matin. « Et c’est vrai que là on comprend mieux les contrôles, c’est normal ».

Trois personnes à bord du véhicule, « de type maghrébin », et des propos similaires à ceux que prétend avoir tenus Salah Abdeslam… Les coïncidences sont pour le moins troublantes. Sans le savoir, Charlotte Legrand est donc peut-être la première personne à avoir parlé aux auteurs ou co-auteurs des attentats de Paris du 13 novembre.

Pour rappel, le 14 novembre en matinée, nul n’avait encore évoqué le nom de Salah Abdeslam ni même l’éventualité d’une piste belge dans le cadre des attentats de Paris.

 
 
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