L’embarras de la presse chinoise

Il était compliqué pour la presse chinoise d’évoquer ces élections puisque Pékin ne reconnaît pas la nation taïwanaise ni le fait que l’île ait un président. Le Global Times, journal officiel en anglais, a réussi à publier en une de son édition digitale un éditorial à propos de la réélection de Tsai Ing-wen sans mentionner qu’elle était la présidente. Qualifiant Mme Tsai de « leader régionale », le journal reconnaît qu’en gagnant cette réélection après avoir essuyé une terrible défaite lors des élections locales de fin 2018, elle a réussi « quelque chose de peu commun dans les élections de style occidental et des luttes entre partis ». Mais il accuse son parti d’avoir, comme à chaque élection, « orchestré des tensions de part et d’autre du détroit de Taïwan, suscitant chez les Taïwanais la peur vis-à-vis de la Chine continentale ». L’éditorial affirme que le candidat d’opposition, Han Kuo-yu (Kuomintang) « a perdu l’élection mais les forces qui l’appuient sont en hausse ».

Alors que Mme Tsai s’est bien gardée d’évoquer une indépendance formelle de Taïwan, le quotidien chinois oppose le risque de « sécession » à une réaffirmation du principe « d’une seule Chine » brandi par Pékin. Et il appelle Mme Tsai et son parti « à infléchir cette tendance » sous peine de rester dans l’histoire « en tant que pécheurs aux yeux de tous les Chinois ».

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