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Iran: indignation après le crash et l’arrestation de l’ambassadeur britannique

La République islamique a reconnu samedi sa responsabilité dans la catastrophe de mercredi.

Temps de lecture: 3 min

L’Iran a reconnu dimanche avoir brièvement arrêté la veille l’ambassadeur britannique à Téhéran après un « rassemblement illégal », initialement une cérémonie à la mémoire des victimes du crash d’un Boeing ukrainien abattu « par erreur » par un missile iranien, selon les autorités.

En réaction à ces tensions avec Londres, entre 100 et 200 personnes ont manifesté dans l’après-midi devant l’ambassade de Grande-Bretagne dans la capitale iranienne, brûlant un drapeau britannique, selon un correspondant de l’AFP.

La République islamique a reconnu samedi sa responsabilité dans la catastrophe de mercredi (176 morts, en majorité des Iraniens et des Canadiens, dont beaucoup de binationaux et d’étudiants) après les dénégations opposées jusque-là par les autorités à la thèse du missile avancée dès mercredi soir par Ottawa. Ces aveux ont déclenché l’indignation des Iraniens. Après avoir dispersé samedi soir un rassemblement d’étudiants ayant scandé des slogans contre les autorités à Téhéran, des forces de sécurité se sont déployées dans le centre de la capitale dimanche.

Des unités de police antiémeute équipées de canons à eaux et armées de matraques étaient déployées en masse près de trois universités, selon des journalistes de l’AFP.

La police s’est aussi déployée autour de la place Azadi, dont l’accès a été bloqué aux piétons, et une cinquantaine de Bassidji (volontaires islamistes) armés de pistolet de paintball ont été vus aux abords de l’Université Amir Kabir, d’où était partie la manifestation dispersée samedi.

Dans la journée, le vice-ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a confirmé que l’ambassadeur britannique Rob Macaire avait « été arrêté en tant qu’étranger non identifié dans un rassemblement illégal ». Il a ajouté que l’ambassadeur avait été libéré 15 minutes après qu’il l’eut identifié par téléphone.

« Je n’ai pris part à aucune manifestation (…). J’ai quitté les lieux après cinq minutes quand certains ont commencé à lancer des slogans » contre les autorités, a de son côté assuré l’ambassadeur britannique en Iran Rob Macaire sur Twitter.

« Chemin diplomatique »

« L’arrestation de notre ambassadeur à Téhéran sans fondement ou explication est une violation flagrante de la législation internationale », a réagi dans la nuit le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab. M. Raab a estimé que l’Iran devait choisir entre « sa marche vers un statut de paria » ou « prendre des mesures pour la désescalade et pour s’engager sur le chemin diplomatique ».

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a critiqué Téhéran après la « détention temporaire » de M. Macaire et appelé à la « désescalade » dans un tweet. Paris a appelé dans un communiqué les autorités iraniennes à respecter leurs « obligations prévues par le droit international » tandis que Berlin a condamné sur Twitter l’arrestation, qualifiée d’« infraction inacceptable au droit international ».

Selon des journalistes de l’AFP, le rassemblement de samedi, initialement une veillée à la mémoire du drame d’Ukraine Airlines, s’est transformé en manifestation de colère.

Le président américain Donald Trump a mis en garde Téhéran contre « un autre massacre de manifestants pacifiques », en référence au mouvement de contestation en Iran de novembre, violemment réprimé selon l’ONG Amnesty International.

Des étudiants ont scandé des slogans « antirégime », selon la télévision d’Etat iranienne, et la foule a réclamé des poursuites contre les responsables du drame et « les menteurs » qui ont selon eux tenté de le couvrir.

Dimanche, les journaux iraniens ont rendu hommage aux personnes tuées lors du crash. « Excusez-vous, Démissionnez », a titré le quotidien réformiste Etemad. « Impardonnable », a écrit Iran, le journal progouvernemental. « De profondes excuses pour une erreur douloureuse », a estimé Javan, journal proche des Gardiens.

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9 Commentaires

  • Posté par YLIEFF CHRISTIAN, dimanche 12 janvier 2020, 17:45

    Michel De Ronde... Belle diatribe contre la liberté de la presse ! Je parie que si vous étiez américain, vous auriez voté pour TRUMP..

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, lundi 13 janvier 2020, 11:40

    Vu la "qualité" de la candidature démocrate aux dernières élections US (Hillary Clinton connue pour sa grande "probité"), et des candidats les plus probables aux élections présidentielles à venir (Joseph"-dit Joe-"Biden le "brillant" vice-président d'Obama, Bernard"-dit Bernie-"Sanders, et Elisabeth Warren, qui d'autre encore ?), je peux très bien comprendre un vote pour Donald Trump. Par ailleurs, si le président Trump a certains défauts plus ou moins évidents, il a aussi des qualités incontestables... Mais comme pour les présidents républicains précédents (Reagan, Bush père et fils), l'opinion publique européenne, abreuvée régulièrement d'avis "d'experts" et de "journalistes" dont l'anti-américanisme est viscéral, est généralement incapable de porter un regard "équilibré" sur le président US actuel. "Trump bashing is alive and well"...

  • Posté par De Ronde Michel, dimanche 12 janvier 2020, 20:03

    Merci pour votre appréciation. Comme vous le dites, il s'agit bien d'une diatribe contre une certaine presse, le ton injurieux en moins, faite au départ d'un constat que toute personne douée de sens commun peut faire. Où est la liberté de la presse, lorsqu'une seule presse tendancieuse monopolise l'information ? Quant à un vote pour Trump, j'aurais pu l'envisager si j'avais été américain, comme la moitié des américains l'ont fait. Est-ce une infamie ? Vous avez une curieuse conception de la démocratie, celle qui voudrait qu'il y ait de bons et de mauvais électeurs.

  • Posté par De Ronde Michel, dimanche 12 janvier 2020, 17:29

    L'Iran des ayatollahs est en train de sombrer. On est loin d'un sursaut nationaliste iranien prophétisé par les journalistes "mainstream" suite à l'élimination du terroriste Soleimani. On est loin des" représailles anti-américaines dévastatrices" également promises par ces mêmes journalistes. Comme on se sent loin de ces journalistes dont la perspicacité et l'honnêteté intellectuelle ont été érodées par quatre années de Trump-bashing quotidien au point de dénier à Trump toute qualité et toute réussite sur le plan tant extérieur qu'intérieur.

  • Posté par Naeije Robert, dimanche 12 janvier 2020, 20:59

    Comme vous avez raison. Le TDS fait des ravages...

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