«Qui croit encore sincèrement à une coalition entre la N-VA et le PS?», constatent les éditos flamands

Joachim Coens et Georges-Louis Bouchez
Joachim Coens et Georges-Louis Bouchez - Photo News

La mission des informateurs Joachim Coens (CD&V) et Georges-louis Bouchez (MR) a été prolongée. Ils feront part de leurs conclusions au plus tard le 28 janvier et feront un rapport intermédiaire le 20 janvier.

Dans son édito Het Nieuwsblad déplore qu’on pense qu’il y ait des ouvertures possibles entre la N-VA et le PS depuis le discours du nouvel an prononcé par Bart De Wever. « Pour voir ces ouvertures, un microscope est nécessaire. Le nouveau fait politique cache surtout le trou noir dans lequel on s’est retrouvé », déplore le quotidien flamand.

Het Niewsblad revient également sur le choix du duo des informateurs. « Au début de leur difficile mission, le duo d’informateurs semblait un bon choix. Tous deux n’étaient que des chefs de parti, pas encore contaminés par les querelles, ils offraient la possibilité d’un regard neuf. Il manque tous deux d’expérience et de poids. Bouchez veut se faire connaître en Wallonie comme le sauveur du pays, comme le patron d’un parti où les vrais leaders ont pris la fuite vers l’Europe. Coens suit ce que Crevits et Geens lui imposent ». Et le journal d’en appeler « à cinq minutes de courage politique ».

Het Laatste Niews explique que la dernière déclaration de Bart De Wever a remis en cause la mission des deux informateurs et regrette que Bart De Wever ne se soit pas exprimé plus tôt pour gagner un mois. Toutefois le quotidien doute que le PS et la N-VA soient réconciliables. « Y a-t-il quelqu’un dans toute la Rue de la Loi – et par extension aussi dans le Palais – qui croit sincèrement que quelque chose de bien peut encore sortir entre la N-VA et le PS ? Rien ne les relie. Pourquoi serait-ce différent huit mois après les élections ? Quel intérêt commun Bart De Wever et Paul Magnette auraient-ils soudainement découvert ? L’intérêt de l’État ? Ça les laisse tous les deux froids. L’intérêt public ? Servons d’abord l’intérêt du parti ».

Het Belang Van Limburg revient aussi sur les déclarations de Bart De Wever qui ont changé la donne et permet aux partis politiques de continuer à « ronronner avec convoitise » mais le journal de conclure « un chat qui ronronne sur les genoux peut apporter la paix à de nombreux mortels, le ronronnement politique n’apporte rien de du tout cela. Lorsque les chats ronronnent par satisfaction ou par envie de communiquer, nos politiciens le font par instinct de conservation et par soif de pouvoir. ».

Gazet Van Antwerpen estime que la seule chose qu’on a apprise, « c’est que Georges-Louis Bouchez, le jeune président du MR, est ambitieux, n’hésite pas à se montrer qu’il laisse fuiter une note (surtout celle du président de Magnette, président du PS) et qui ensuite exhorte les autres à être dans la plus grande discrétion. Un président qui pour répondre à ses aspirations n’est pas opposé à un certain bluff non plus. Dimanche dernier, il a annoncé avec beaucoup de bravoure qu’une nouvelle étape serait franchie d’ici lundi. « Personne n’aura la coalition de ses rêves », a prévenu Bouchez avec sérieux. Mais il n’y a aucune coalition en vue », remarque le journal.

Et le journal de souligner, « pourquoi subitement ce qui a échoué ces sept derniers mois, réussirait ? (…) En termes de météo, il existe une sorte de « tempête parfaite », une tempête exceptionnellement forte causée par un certain nombre de facteurs coïncidents. Politiquement, nous avons « l’impasse parfaite ». Cela peut toujours arriver de temps en temps, mais devons-nous continuer à y ajouter toutes ces discussions politiques vides de sens ? ».

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