Budapest dévoile sa stratégie "chrétienne" de lutte pour le climat

Le gouvernement du premier ministre a notamment fixé comme objectif, selon le document stratégique mis en ligne sur son site internet, de produire une électricité neutre à 90% en carbone d'ici à 2030, notamment grâce à aux énergies nucléaire et solaire.

"Protéger la création et la nature selon un principe biblique est une politique particulièrement chrétienne-démocrate", avait affirmé M. Orban en conférence de presse à Budapest la semaine dernière.

Le chef du gouvernement hongrois se réfère souvent aux valeurs chrétiennes pour justifier son action, y compris lorsqu'il refuse catégoriquement toute immigration en provenance des pays musulmans, une position qualifiée de nativiste et d'extrémiste par ses détracteurs.

Budapest compte agir contre la pollution des cours d'eau, verbaliser les dépôts sauvages de déchets et équiper toutes les agglomérations de bus électriques dans les deux années à venir.

"Préserver la nature pour nos enfants et nos petits-enfants peut être considéré comme une manière de protéger quelque chose qui a été créé par Dieu", a expliqué à l'AFP le secrétaire d'État hongrois à l'environnement, Peter Kaderjak.

La présentation de ce plan écologique constitue une évolution pour le parti ultraconservteur de Viktor Orban, le Fidesz, dont les élus ont souvent fait part de leur scepticisme quant aux thèses des scientifiques sur le changements climatique.

L'année dernière, un ministre hongrois avait qualifié la jeune militante suédoise Greta Thunberg "d'enfant malade", jugeant "répugnantes" les manifestations suscitées par son engagement.

Les médias proches du gouvernement mettent régulièrement en doute le lien entre le réchauffement climatique dû à l'activité humaine et les événements météorologiques extrêmes.

Mais selon l'analyste à l'Institut Nezopont de Budapest Agoston Mraz, "Viktor Orban ne veut pas que le changement climatique soit uniquement un sujet de gauche, ni en Hongrie ni en Europe".

"Il essaie donc de construire une politique verte conservatrice de droite qui puisse faire contrepoids", a expliqué M. Mraz jeudi à l'AFP.

La Hongrie s'est longtemps opposée aux objectifs de la Commission européenne pour atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050. Elle s'est ralliée à la majorité en décembre, après avoir obtenu une concession de Bruxelles sur sa dépendance à l'énergie nucléaire.

 
 
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