Union saint-gilloise: la direction assume l’interdiction d’une bannière «antifasciste»

Union saint-gilloise: la direction assume l’interdiction d’une bannière «antifasciste»
Belga

L’obligation – sur ordre de police et des services de sécurité du stade – de faire retirer une bannière reprenant le slogan « Toute ma vie unioniste antifasciste » lors d’un match opposant la Royale Union Saint-Gilloise (USG) à l’OHL dimanche dernier a fait beaucoup parler d’elle en cette fin de semaine.

Supportrice du club, la députée et conseillère communale forestoise Els Rochette (one.brussels-SP.A) a épinglé l’affaire ce jeudi, en faisant savoir qu’elle entendait bien porter le dossier au parlement bruxellois et interpeller le ministre-président Rudi Vervoort (PS) sur le sujet. Choquée du fait que l’on puisse remettre en cause la valeur positive de l’antifascisme, celle-ci nous explique aussi par téléphone qu’il ne s’agit pas de la première fois que de tels faits se produisent.

Les supporters insatisfaits

Contactée, la zone de police Bruxelles-Midi (responsable sur la commune de Forest) se justifie au travers de sa porte-parole : « Quand il y a un élément qui est jugé provocateur en tribune, on le fait retirer. On peut le faire dès qu’on estime que cela peut nuire à certaines sensibilités, » assure cette dernière. Mais la zone rappelle aussi qu’elle n’a fait que suivre des directives émanant du club lui-même et « que la direction de l’Union Saint-Gilloise est responsable de ce qu’elle autorise ou refuse lors du déroulement des rencontres de son club. C’est elle qui définit la ligne d’expression des supporters tolérée au sein du stade. »

Chose que ne nie d’ailleurs pas la direction de la RUSG qui s’est expliquée au travers d’un communiqué ce vendredi. Selon celle-ci, il a paru indiqué, tant aux responsables de l’ordre public qu’aux autorités sportives, de « prévenir tout incident et potentielle surenchère de messages étrangers aux manifestations sportives, conformément à la loi football ». Une réponse qui, au regard des réactions que l’on peut lire sur les réseaux sociaux, peine à contenter de nombreux supporters du club, justement connu pour l’engagement antifasciste et antiraciste de son public, et ce à l’heure où le fléau du racisme peine à être bouté hors des stades.

 
 
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