Harry confie sa «grande tristesse» de devoir abandonner son titre sans avoir «d’autre choix» (vidéo)

Le prince Harry
Le prince Harry - Reuters

C’est avec « une grande tristesse » mais sans avoir « d’autre choix » qu’il a pris la décision de se mettre en retrait de la monarchie britannique, a finalement confié dimanche soir le prince Harry dans un discours aux accents intimes.

« La décision que j’ai prise pour ma femme et moi n’a pas été prise à la légère » mais après « des mois de pourparlers, suivant des années de défis », s’est justifié dimanche le duc de Sussex auprès des invités d’un dîner de charité à Londres.

Dans cette première prise de parole publique sur le sujet depuis l’annonce de sa mise en retrait, il s’est excusé de ne « pas avoir toujours bien fait les choses », sans préciser lesquelles.

« Nous espérions continuer à servir la reine, le Commonwealth et mes associations militaires, mais sans financement public. Malheureusement, cela n’a pas été possible », a-t-il expliqué.

La presse britannique, qui met cet épisode à la une dans ses éditions de lundi, a mis l’accent sur la peine ressentie par le rejeton royal, « dévasté » selon le Daily Express.

Certains journaux se projettent dans la nouvelle vie du couple au Canada, qui pourrait se lancer dans la production télévisuelle. « Duc et duchesse de Netflix ? », s’interroge par exemple le Daily Mail.

Harry, 35 ans, et son épouse Meghan, 38 ans, avaient révélé le 8 janvier qu’ils souhaitaient prendre leur indépendance financière et s’installer en Amérique du Nord avec leur fils Archie. Sans avoir prévenu la grand-mère et le père de Harry, Elizabeth II et le prince Charles.

« Megxit dur »

Les tabloïds, qui les accusaient de « vouloir le beurre et l’argent du beurre », se sont félicités du fait que le duc et la duchesse, désormais délivrés de leurs « obligations royales », ne pourraient plus « formellement représenter la reine ». Le Sunday Mirror s’est félicité que « la reine ordonne un Megxit dur », en référence au Brexit prévu pour le 31 janvier.

La relation houleuse du couple avec les journaux britanniques, que Harry a qualifiés de « force puissante » dans son discours dimanche, a pesé dans sa décision de se mettre en retrait. Accusée de racisme envers l’actrice américaine métisse, la presse à sensation attaquait régulièrement Meghan avec des articles au vitriol.

Pour l’expert en protocole de la famille royale Alastair Bruce, interrogé par le Sun, la reine a réglé la question d’une « poigne de fer » et l’abandon du titre d’altesse royale équivaut à « une abdication », puisque Harry se retrouve ainsi rétrogradé au même rang que trente autres ducs britanniques.

Si le couple conservera ses titres de duc et duchesse de Sussex, il renonce en revanche à son allocation royale et devra rembourser certaines dépenses publiques dont il a bénéficié, notamment les 2,3 millions d’euros employés à rénover leur résidence au Royaume-Uni.

« C’est absolument sans précédent », a estimé dans le Sun Dickie Arbiter, ancien secrétaire de presse royal, notant qu’« aucun membre de la famille royale n’a jamais remboursé de l’argent », même ceux qui avaient déjà été privés de leur statut d’altesse royale.

Le Daily Telegraph a affirmé que face au coût du changement radical de vie du couple, le prince Charles allait soutenir financièrement son fils pendant au moins un an. L’argent doit « venir de ses revenus tirés d’investissements privés », selon le journal.

Noyau de membres

Avant le jeune prince, qui va déchoir de sa sixième place dans l’ordre de succession au trône britannique, sa mère Lady Diana avait elle aussi perdu ce statut après avoir divorcé de Charles en 1996. Mais il s’agissait là d’un « titre honorifique », obtenu par le mariage. C’est en revanche la toute première fois qu’un Windsor de naissance se voit privé de ce statut.

Nombre de commentateurs dressent un parallèle avec l’abdication du roi Edouard VIII en 1936, qui en épousant une Américaine divorcée avait renoncé au trône. Celui-ci n’avait en fait pas perdu son titre, se voyant simplement rétrogradé de « Sa majesté le Roi » à « Sa majesté royale le Duc de Windsor ».

La décision d’Elizabeth II marque ainsi un tournant dans l’histoire d’une des plus anciennes institutions britanniques, ouvrant une ère de nouveau fonctionnement resserré autour de la branche aînée uniquement.

Le prince Charles, qui se prépare à prendre la suite de sa mère âgée de 93 ans, avait déjà fait part de sa volonté de « ramener (la famille) à un noyau de membres haut placés qui travaillent à plein-temps ».

Beaucoup d’experts royaux s’attendent désormais à une baisse du train de vie pour la famille, dont de nombreux membres disposent d’un rang valant rémunération.

D’un point de vue affectif, « Harry, Meghan et Archie resteront des membres très chers de ma famille », a cependant souligné Elizabeth II. « J’aurai toujours le plus grand respect pour ma grand-mère, mon commandant en chef », lui a répondu dimanche soir le duc de Sussex, ému.

Les décisions du palais doivent prendre effet au printemps.

 
 
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