Elio Di Rupo: «Le CD&V doit choisir l’unité ou la rupture du pays»

Elio Di Rupo
Elio Di Rupo - Pierre-Yves Thienpont

Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, a interpellé lundi le CD&V à propos de la formation d’un gouvernement fédéral. Il appartient aux chrétiens-démocrates flamands de faire un choix entre l’unité ou la rupture du pays, selon lui.

Les informateurs royaux, Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V), feront lundi un rapport intermédiaire au Roi. Dimanche, ils ont organisé une réunion discrète entre le PS et la N-VA. Jusqu’à présent, l’on a toujours indiqué du côté socialiste qu’aucun terrain d’entente n’avait pu être trouvé entre les deux partis, premières formations de leur communauté linguistique.

« La N-VA n’accepte rien de ce que nous préconisons comme étant des éléments essentiels pour nos concitoyens dans le domaine social », a souligné l’ex-président du PS sur la Première, citant pour exemple le relèvement des pensions et l’accessibilité des soins de santé.

Les nationalistes flamands n’inspirent toujours pas confiance aux socialistes francophones. « La stratégie de la N-VA, c’est le pourrissement, en disant tantôt ’je suis prêt à discuter avec le PS’ et puis en ne donnant pas des assurances pour avancer. Elle essaie de démontrer que le niveau fédéral du pays n’est plus gérable », a expliqué M. Di Rupo.

L’une des pistes de coalition est la « Vivaldi », rassemblant les socialistes, les écologistes, les libéraux ainsi que le CD&V. Or, les chrétiens-démocrates entendent toujours garantir le soutien d’une majorité flamande à la Chambre à toute alliance. Et sans la N-VA, celui-ci n’est pas possible.

« Le CD&V, dont on parle peu, a aussi un rôle à jouer : soutient-il l’unité du pays ou la rupture du pays ? » a demandé le ministre-président.

Dimanche, le président du PS, Paul Magnette, n’a pas exclu la piste d’un gouvernement provisoire si le blocage fédéral devait persister. Ce scénario serait une manière de constituer une « Vivaldi » puisque les socialistes et les écologistes rejoindraient dans l’exécutif les libéraux et le CD&V.

Interrogé lundi dans les colonnes de l’Avenir, l’administrateur-délégué de la FEB, a plaidé pour un gouvernement intérimaire qui se mettrait en place pour gérer certaines priorités et problèmes urgents.

« L’idée serait de gérer le pays avec une équipe et un programme limités pour une période donnée. Les présidents de parti auraient alors l’occasion de réfléchir de leur côté pendant quelques mois », a-t-il déclaré.

 
 
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