Témoignage-clé d’une actrice au procès d’Harvey Weinstein

Témoignage-clé d’une actrice au procès d’Harvey Weinstein
AFP

L’actrice Annabella Sciorra, la plus connue des femmes appelées à témoigner contre Harvey Weinstein lors de son procès à New York, a raconté jeudi en détail le viol et le harcèlement sexuel que l’ex-magnat d’Hollywood lui a supposément fait subir dans les années 90, dans une déposition cruciale pour ce procès emblématique du mouvement #MeToo.

Interrogée d’abord par la procureure de Manhattan Joan Illuzzi-Orbon, l’actrice connue pour son rôle dans la série « Les Soprano » a expliqué par le détail sa première rencontre avec Harvey Weinstein, lors d’un dîner à Los Angeles au début des années 90, jusqu’à l’hiver 1993-94 où elle affirme qu’il l’a violée à Manhattan, puis ses efforts pour oublier ce qui lui était arrivé.

S’exprimant d’une voix posée pendant plus de trois heures, ravalant brièvement quelques larmes, l’actrice de 59 ans a expliqué comment le producteur – qu’elle a montré du doigt au début de sa déposition, assis en costume sombre au milieu de ses avocats – s’est d’abord montré courtois avec elle, dont la carrière commençait alors à décoller.

Mais les choses ensuite se gâtent, selon elle : il la presse d’accepter un rôle dont elle ne voulait initialement pas. Puis la menace de l’attaquer en justice si elle ne tourne pas le film rapidement. Il lui envoie du valium, qu’elle se met à consommer pour la première fois.

« Je croyais que Weinstein était quelqu’un de gentil »

L’agression supposée intervient après un dîner à Manhattan avec d’autres personnes, à une date non précisée : il propose de la raccompagner chez elle avec son chauffeur. Peu après avoir été déposée, alors qu’elle est en chemise de nuit et se prépare à aller dormir, on toque à la porte. Harvey Weinstein a alors forcé son entrée dans l’appartement, a-t-elle relaté. Elle assure lui avoir dit qu’elle ne voulait pas avoir de relation sexuelle avec lui, en vain.

Devant des jurés très attentifs, elle a levé les bras pour montrer comment Harvey Weinstein les aurait bloqués pour l’empêcher de se débattre. Elle dit avoir crié. Elle ajoute ne pas se souvenir exactement ce qui s’est passé ensuite, sinon qu’elle a repris ses esprits, couchée sur le plancher. Elle sombre dans la dépression, commence à boire et à se blesser volontairement en se coupant. Elle affirme avoir mis longtemps à comprendre qu’elle avait été violée.

« Je voulais faire comme si cela n’était jamais arrivé. Je croyais que (Weinstein) était quelqu’un de gentil, qu’il était normal. J’étais troublée. Je me disais que je n’aurais pas dû ouvrir la porte », a-t-elle expliqué. « A l’époque, je croyais que le viol était quelque chose qui se commettait dans des allées sombres… par quelqu’un qu’on ne connaît pas », a-t-elle ajouté.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous