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Virus tueur en Chine: ce que l’on sait

Avec 26 morts sur un total de 830 personnes contaminées, le bilan officiel du nouveau coronavirus apparu en décembre sur un marché de Wuhan (centre) s’est encore aggravé.

Temps de lecture: 4 min

Plus de 40 millions de Chinois étaient confinés vendredi à l’épicentre de l’épidémie virale, dont le bilan s’est à nouveau alourdi peu après que l’OMS a renoncé à déclarer une urgence internationale.

Avec 26 morts sur un total de 830 personnes contaminées, le bilan officiel du nouveau coronavirus apparu en décembre sur un marché de Wuhan (centre) s’est encore aggravé. « Cette année, notre Nouvel An fait très peur », commente un chauffeur de taxi de Wuhan, ville de 11 millions d’habitants placée de facto en quarantaine depuis jeudi. « On n’ose plus sortir à cause du virus ».

Le long congé du Nouvel An chinois démarre ce vendredi, veille du premier jour de l’Année du Rat. Les centaines de millions de déplacements liés à ces congés peuvent favoriser la contagion.

Un précédent bilan communiqué jeudi par la Commission nationale de la santé faisait état de 18 morts et plus de 600 cas de contamination. Facteur aggravant, deux décès ont pour la première fois été signalés loin du berceau de l’épidémie : un dans le Hebei, région qui entoure Pékin, et un au Heilongjiang, province frontalière de la Russie.

Sur les 830 cas, 177 sont jugés graves, selon la Commission, tandis que 34 patients « guéris » ont quitté l’hôpital. Plus d’un millier de cas suspects sont en cours d’examen. Face à la crise, le régime communiste a pris jeudi la décision inédite d’interdire tous les trains et avions au départ de Wuhan et de bloquer les autoroutes.

Par ailleurs, les agences de voyage ont décidé de stopper la vente de voyages internes et à l’étranger. La mesure du ministère de la Culture et du Tourisme devrait avoir un impact significatif sur le secteur mondial du tourisme. Les Chinois forment le plus gros groupe de voyageurs étrangers au monde.

« Urgence en Chine »

Au terme d’une réunion de deux jours à son siège de Genève, l’Organisation mondiale de la santé a reconnu jeudi « l’urgence en Chine » mais a jugé qu’il était « trop tôt » pour parler « d’urgence de santé publique de portée internationale ».

L’OMS n’a jusqu’ici utilisé le terme d’urgence internationale que pour de rares cas d’épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo depuis 2018.

L’institution assure qu’il n’y a pour l’instant aucune preuve de transmission entre humains en dehors de la Chine et qu’elle semble y être « limitée à des groupes familiaux et à des travailleurs de la santé ».

L’OMS ne recommande pas de restrictions de voyages mais d’établir des dépistages dans les aéroports. L’organisation demande aussi « à tous les pays » de mettre en place des mesures pour détecter les cas de coronavirus, contre lequel il n’existe pas actuellement de traitement ou de vaccin.

Essais cliniques

A Davos, où se tient le Forum économique mondial, la Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies (CEPI) a annoncé jeudi que les essais cliniques concernant un premier vaccin pourraient avoir lieu « dès l’été ».

Des cas de contamination ont été annoncés en Asie (Hong Kong, Macao, Taïwan, Corée du Sud, Japon, Thaïlande, Singapour, Vietnam) mais aussi aux Etats-Unis.

L’épidémie fait redouter une répétition du Sras, un virus similaire qui a tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong entre 2002 et 2003.

Symbole de l’inquiétude qui s’est emparée de toute la Chine, la Cité interdite de Pékin, l’ancien palais des empereurs, a annoncé sa fermeture jusqu’à nouvel ordre pour éviter tout risque de contamination entre les visiteurs. Des sections de la Grande Muraille ont aussi été fermées.

La capitale a décrété également l’annulation des festivités du Nouvel an, qui drainent habituellement des centaines de milliers de badauds dans les parcs. Des employés du métro en tenue de protection prenaient la température des voyageurs à l’entrée d’une station.

A Shanghai, Disneyland a annoncé qu’il fermait ses portes. Depuis Montréal, le Cirque du Soleil a annoncé qu’il suspendait un spectacle en Chine à la demande des autorités.

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