Harvey Weinstein avait une «liste rouge» des femmes susceptibles de le dénoncer

Harvey Weinstein
Harvey Weinstein - AFP

Harvey Weinstein voulait recueillir des informations sur les femmes susceptibles de le dénoncer, a raconté vendredi un enquêteur privé au troisième jour du procès du producteur de cinéma à New York.

Lors de son audition, le détective privé Sam Anson a expliqué avoir reçu un courrier électronique d’Harvey Weinstein mi-août 2017, un peu moins de deux mois avant la publication des révélations du New York Times et du New Yorker.

Le message contenait une « liste rouge » de personnes sur lesquelles l’ancien patron du studio Miramax demandait au privé d’enquêter. Il l’a également appelé pour préciser sa requête.

« Il disait qu’il s’inquiétait de la préparation d’articles évoquant son comportement sexuel de manière négative », a témoigné Sam Anson, qui a assuré ne pas avoir donné suite à cette demande.

Dans cette liste figuraient notamment, selon l’enquêteur, les noms des actrices Annabella Sciorra et Rose McGowan, qui affirment chacune avoir été violées par Harvey Weinstein.

Annabella Sciorra a raconté jeudi, au deuxième jour du procès, le viol supposé dont elle aurait été victime, ainsi que le comportement manipulateur d’Harvey Weinstein, selon elle, et le harcèlement auquel il l’aurait soumise.

Démonter des « mythes »

Plus tôt vendredi, le tribunal avait entendu un autre témoin de l’accusation, la psychiatre Barbara Ziv, qui avait témoigné au procès de la star de la télé américaine Bill Cosby, condamné pour agression sexuelle.

La procureure de Manhattan, Joan Illuzzi-Orbon, l’avait citée pour démonter « certains mythes » sur les agressions sexuelles, au coeur du procès.

L’experte a souligné que la plupart des agressions sexuelles sont commises par une connaissance de la victime et non par un inconnu.

Une autre idée fausse largement répandue, selon cette experte qui a témoigné à plus de 200 procès, est que les victimes signalent généralement leur agression à la police ou à des amis.

Harvey Weinstein, 67 ans, longtemps figure vénérée d’Hollywood, risque la perpétuité pour avoir possiblement agressé sexuellement deux femmes, une ex-assistante de production en 2006 et une jeune actrice en 2013.

Les avocats de la défense ont cité de multiples échanges entre M. Weinstein et la femme supposément violée en 2013, Jessica Mann, montrant selon eux qu’ils avaient eu « une relation amoureuse » après le viol présumé, insinuant qu’elle n’avait donc pas pu être violée.

Jeudi la défense avait essayé de saper la crédibilité d’Annabella Sciorra en montrant qu’elle avait tu son viol supposé pendant des années, et qu’elle avait continué à croiser M. Weinstein après cela, sans le confronter.

« C’est la norme que de rester en contact », a souligné Mme Ziv. « Ces contacts peuvent aller de SMS ou e-mails jusqu’à une relation qui continue ».

Les victimes restent souvent silencieuses car elles peuvent avoir une sorte d’affection pour leur agresseur, selon l’experte. Et ce dernier a parfois la capacité de leur faire perdre amis et emploi.

Lors d’un contre-interrogatoire, l’avocat de la défense Damon Cheronis a demandé à Mme Ziv s’il était possible qu’avec les années, « par honte », des femmes qualifient de viol ce qui avait été un rapport sexuel consensuel.

« Tout est possible, (mais) ce n’est pas habituel, » a répondu Mme Ziv.

Au total, plus de 80 femmes, parmi lesquelles des vedettes comme Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou Léa Seydoux, ont accusé M. Weinstein de harcèlement et d’agressions sexuelles depuis octobre 2017. Mais la plupart des faits sont anciens et prescrits.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (VLD) feront rapport au Roi le 9 mars.

    Négociations fédérales: deux libéraux pour pacifier d’abord, explorer ensuite

  2. Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale, dénonce l’enrichissement personnel des dirigeants d’Intégrale.

    Affaire Nethys: la Banque Nationale suspecte un abus de biens sociaux chez l’assureur Intégrale

  3. belga

    Europa League: le FC Bruges ne doit plus avoir peur

La chronique
  • Visa pour la Flandre: bons boulets d’Alost

    Ah s’il avait su ! Le nouveau patron de « Chez Lequet » à Liège aurait été faire ses saluts nazis et chanter « heili hailo haila » sur un char dans un cortège de carnaval et pas dans une salle de restaurant remplie de familles venues sacrifier à la tradition des boulets sauce lapin. Parce que dans un char au milieu d’un cortège de carnaval, tout ça, c’est de l’humour. Et l’explication très raffinée du gérant au micro de la RTBF – « On a fait les bièsses. On a exagéré, je regrette mais chacun a son humour » – aurait mieux tenu la route pour expliquer ce qui tenait très peu de la… farce.

    Enfin c’est ce qu’on pense à Alost, où les organisateurs du carnaval s’apprêtent à laisser défiler des chars avec des caricatures de juifs orthodoxes, avec papillotes, nez crochu, rats et tas d’or, comme ce fut le cas l’an dernier, et cela au nom de l’humour. « Aalst in Zottenland, alles kan en mag » – Alost au pays des fous. Tout est possible et permis : voilà ce qui régit depuis...

    Lire la suite

  • On en a tous marre

    Le Palais a donc une nouvelle fois sacrifié à ce qui devient hélas un rituel. La nomination d’un duo chargé de permettre la formation d’un gouvernement fédéral. Sabine Laruelle et Patrick Dewael sont la neuvième et dixième personnalité politique à s’y coller depuis les élections.

    Un constat d’échec

    C’est d’abord un constat d’échec. Après avoir tenté l’électrochoc, avec la démission forcée de Joachim Coens et Georges-...

    Lire la suite