Lutte contre le racisme et la discrimination, promotion du football féminin: Vincent Kompany part au combat

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Pas de Giorgio Chiellini, d’Eiji Kawashima, de Rui Patricio ou de Kevin Trapp dans la salle de conférence du Sofitel de la place Jourdan, ce mardi soir, à Bruxelles. Par contre, Vincent Kompany était de la partie, comme fin mai à Èze, dans le sud de la France, lors de l’instauration du premier Conseil Mondial des Joueurs de la FIFPro.

La situation compliquée du Sporting d’Anderlecht aurait pu pousser le joueur-manager à placer ailleurs les priorités. Mais ce nouveau rôle lui tient aussi à cœur. « On a tous un vécu différent mais la même envie d’aborder des sujets aussi sensibles que la discrimination, le racisme, la qualité du football féminin, le nombre de matches disputés sur une saison, la santé des joueuses et joueurs. Au-delà du football, on touche à des problèmes sociétaux », glisse Vincent Kompany, un des membres fondateurs de ce Conseil qui se réunira au moins deux fois par an selon les agendas.

« Anderlecht unique »

La discrimination et le racisme sont des thématiques qui touchent Vincent Kompany, on le sent. La moindre question à ce sujet le lance dans une longue tirade. « La discrimination, c’est ne pas avoir accès aux postes à responsabilités. Il faut obliger la diversité aux plus hauts échelons mais on se rend compte qu’on y trouve peu de personnes de mon profil et que ce sont toujours les mêmes qui prennent les décisions. À ce niveau-là, Anderlecht a fait quelque chose d’un peu unique. Le club a essayé de faire tomber pas mal de barrières en se comportant de manière assez professionnelle. J’ai la chance de profiter d’une position assez privilégiée malgré ma couleur de peau, ce qui n’est le cas dans pratiquement aucun club en Europe. »

Mais comment faire changer les choses ? Car si ce Conseil des Joueurs n’a pas de pouvoir décisionnel propre, il lui sera toujours possible de se diriger vers la FIFA ou l’UEFA pour tenter de bousculer les acquis. « Il faut trouver la bonne approche. En ce qui concerne le racisme dans les stades par exemple, je ne suis pas favorable à des interdictions de stade de dix ans. La punition vient à la fin, il faut prendre le problème à la base. »

« Trop de matches »

Tout aussi présent dans les discussions, le nombre de matches. Pas pour le plaisir de se plaindre mais car la santé des joueurs et joueuses n’est pas prise à la légère. « On n’a qu’un corps, peu importe l’âge. Devoir disputer cinquante ou soixante matches de haut niveau tout en voyageant encore plus, personne n’est capable de le faire. Je peux comprendre qu’ils veulent organiser plus de matches et nous envoyer sur différents continents car le football devient mondial et cela fait rentrer de l’argent dans les caisses. Mais il faut alors des noyaux de quarante joueurs », prévient l’Anderlechtois, qui ne serait pas contre un peu plus de repos. « Ces deux ou trois dernières années, j’ai pris deux fois une semaine pour récupérer. Ce n’est tenable pour personne. »

 
 
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