La mission des informateurs prolongée: «Une farce», «l’échec l’option nº1», «procrastination» (revue de presse)

Le roi Philippe a prolongé d’une semaine la mission de Georges-Louis Bouchez et de Joachim Coens
Le roi Philippe a prolongé d’une semaine la mission de Georges-Louis Bouchez et de Joachim Coens - Photo News

La mission des informateurs Georges-Louis Bouchez et Joachim Coens est prolongée jusqu’au 4 février prochain, a indiqué mardi soir le Palais Royal après quatre heures d’audience. En quittant le palais, le président du MR Georges-Louis Bouchez a commenté qu’« il y a des solutions mais il reste un grand chemin à parcourir » a-t-il ajouté.

Notre quotidien Le Soir explique les informateurs ont dû convaincre le Roi de l’utilité de prolonger leur travail. Et ce, pour d’ultimes vérifications. Le duo d’informateurs a en effet rédigé une note de synthèse de 30 pages qu’il souhaite tester auprès des partis – la N-VA est toujours dans la course.

Georges Louis Bouchez et Joachim Coens parviendront-ils à surmonter en huit jours les difficultés qu’ils n’ont pas pu vaincre depuis le 10 décembre ?, s’interroge L’Avenir dans son édito. « La rue gronde mais les informateurs ne semblent pas affectés par la colère syndicale ».

« C’est avant tout, à présent, une affaire de sentiment, d’orgueil, de vanité à prendre en compte. Désormais, en Wallonie comme en Flandre, aucun président de parti ne peut être désavoué dans ses choix mille fois répétés. Le piège de l’obstination s’est refermé sur chaque famille politique, interdisant toute concession et réduisant les marges de manœuvre à néant. Et cet obstacle-là, mental, est plus difficile à surmonter qu’une équation mathématique ».

Et L’Avenir de conclure, « en prolongeant les informateurs d’une semaine, le Roi est sans doute parvenu à repousser d’autant le risque d’une mission confiée à Bart De Wever. Mais, huit mois après les élections, l’échec demeure l’option numéro un. Béant… ».

Dans les journaux du groupe Sudpresse, l’éditorialiste Benoît Jacquemart explique « qu’un mois et demi plus tard, on ne semble pas beaucoup plus avancé, sauf sur un point : N-VA et PS ensemble dans un gouvernement fédéral, c’est rigoureusement impossible ». Pour l’éditorialiste, « on ne peut évidemment pas présumer des « conclusions finales » (les dernières, on espère) des deux informateurs mais notre boule de cristal nous indique qu’une coalition avec PS et N-VA serait « finalement impossible ». Plus qu’une semaine de suspense ».

« Impasse parfaite »

La Gazet Van Antwerpen estime que « les chances de nouvelles élections sont de plus en plus réelles ». « Personne n’osera prendre le risque de faire une sortie d’un millimètre de plus. Et la méfiance mutuelle est déjà assez grande. Ajoutez à cela les contradictions politiques, les ambitions personnelles et les intentions cachées et vous obtenez l’impasse parfaite ».

Pour le quotidien flamand, « les chances d’une coalition sans N-VA restent également microscopiques, en raison des divisions internes entre les libéraux et parce que le CD&V a du mal à changer soudainement de cap. Un succès a en effet été obtenu du côté flamand : la N-VA a évité le point noir avec beaucoup de patience et de ruse. Lundi, c’est Magnette qui a enterré le violet-jaune sur le terrain, la N-VA n’a jamais donné aux autres partis flamands un alibi pour continuer sans elle. Cette dextérité politique ne donne rien pour l’instant, mais pourrait à terme rapprocher un pays confédéré. Est-ce là l’intention depuis tout ce temps ? On ne peut pas reprocher à la N-VA de jouer sur deux échiquiers en même temps dans une situation où le PS est le seul incontournable. »

Het Belang Van Limburg se montre cynique en écrivant : « C’est comme ça que ça se passe avec les grandes performances. Elles sont prolongées en raison de leur succès. Une semaine de plus et nous – les 11 millions de Belges – pourrons profiter de la farce de la formation fédérale ».

« Pour l’instant, les deux plus grands partis du pays n’ont tout simplement pas la volonté de trouver des solutions », poursuit le journal. Comprenez la N-VA et le PS.

« À l’horizon se profile le spectre de nouvelles élections. Seulement : qu’est-ce que cela résout ? Dans un climat où la politique fait peu pour combattre l’anti-politique, les extrêmes menacent de devenir encore plus importants que le 26 mai ».

Entre l’annonce du roi Albert reconnaissant être le père biologique de Delphine Boël et celle du roi Philippe prolongeant la mission de Bouchez et Coens, il existe deux points communs, explique Het Nieuwsblad  : « Le désespoir et la procrastination ».

« En décidant de laisser le duo d’informateurs défaillants se débrouiller pendant une semaine de plus, le Roi gagne du temps. (…) Parce que les partis politiques refusent de prendre leurs responsabilités de manière constructive, le roi Philippe devra un jour trouver le courage de faire un choix, de choisir une couleur. Plus ce moment est reporté, plus les conséquences peuvent être graves pour l’institut royal. Son père l’a prouvé. »

 
 
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