Euthanasie: la partie civile demande l’acquittement pour le médecin généraliste de Tine Nys

Joris Van Cauter, l’avocat de la famille Nys lors de sa plaidoirie
Joris Van Cauter, l’avocat de la famille Nys lors de sa plaidoirie - Belga

La partie civile a demandé mercredi d’acquitter le médecin généraliste au procès des trois médecins poursuivis devant la cour d’assises de Gand après l’euthanasie de Tine Nys, le 27 avril 2010. « Au nom de la partie civile, je pense sincèrement qu’il a été mené en bateau. Tout indique qu’il a effectivement été dépassé », a plaidé mercredi Joris Van Cauter, l’avocat de la famille Nys.

Tine Nys a été euthanasiée le 27 avril 2010 en raison de ses souffrances psychiques. Sa famille s’est constituée partie civile à la suite de cette intervention, tandis que le ministère public estime également que les conditions de la loi sur l’euthanasie n’ont pas été respectées. Le médecin de famille, la psychiatre et le médecin exécutant sont accusés de ne pas avoir respecté en 2010 les conditions légales pour l’euthanasie de cette femme de 38 ans.

Mercredi, Me Van Cauter s’est référé à une conversation enregistrée en cachette par la famille, ainsi qu’à une lettre du médecin généraliste où celui-ci explique qu’il ne savait pas qu’il avait été consulté en tant que médecin conseil dans le cadre de la loi sur l’euthanasie.

« Tu ne vas pas salir la profession »

« Le médecin de famille a dit la vérité aux proches de Tine le 8 juillet (2010, NDLR) mais, après, les rangs se sont resserrés. (…) ‘Tu ne vas pas salir la profession’, lui ont-ils dit. C’est pourquoi, lors de sa première déclaration, (ce médecin) a indiqué qu’il s’agissait bien d’une demande d’avis. Il a gardé cette version pendant 10 ans, jusqu’à son audition par le président (de la cours d’assises, NDLR). C’est alors qu’il est sorti du rang », a exposé le pénaliste.

Quant à la psychiatre et au médecin exécutant, ils doivent tous deux être reconnus coupables d’homicide par empoisonnement, a estimé le conseil de la famille. « La conclusion est simple : la loi sur l’euthanasie n’a pas été respectée. (…) Nous ne voulons pas d’un verdict d’innocence quand il apparaît noir sur blanc que la loi a été enfreinte (…), c’est le danger d’un acquittement. Alors, les médecins font ce qu’ils veulent et ce système d’autocontrôle est tout à fait satisfaisant. Si ne serait-ce qu’une Tine peut être sauvée grâce au respect des règles, alors peut-être que la famille pourra se dire après coup que cela valait bien 10 ans de combat », a-t-il conclu.

 
 
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